Pour un petit coin d'azur
Extrait Républicain lorrain.fr

A la peine actuellement, le FC Metz ouvre ce soir à Nice, en huitièmes de
finale, un intermède dont la nature ne trompe personne. Mais leur pertinence à
l'extérieur pourrait permettre aux Grenats d'égayer un quotidien plutôt morose.
La permanence de ses soucis dans la vie de tous les jours soulève au moins une
question. Le FC Metz est-il en mesure de se divertir avec une épreuve différente
du championnat, où sa situation réclame une attention entière? Sempiternel
débat. Impossible à éluder. Car l'envie pourrait venir de prêter un intérêt
distrait à une compétition par principe aléatoire. Sauf que ce luxe, justement,
les Grenats n'ont guère les moyens de se l'offrir. C'est en tout cas ce que
laisse supposer leur situation actuelle.
Alors oui, l'intermède du jour présente des vertus. D'authentiques vertus. "Dans
mon esprit, affirme Jean Fernandez, s'il y a un match à remporter, mieux vaut
que ce soit à Bordeaux, samedi. Mais le meilleur moyen de bien préparer ce
rendez-vous reste de fournir une prestation correcte à Nice.> Et de balayer, par
conséquent, le souvenir poisseux du résultat nul concédé au Stade Rennais (1-1),
le week-end précédent, dans des circonstances qui ont une nouvelle fois jeté le
trouble. Positiver? Chose possible, effectivement, avec ce déplacement azuréen.
Le second en moins d'un mois. Il n'est sans doute pas vain de rappeler que, fin
novembre, un score identique face aux Aiglons avait nettement moins frustré la
troupe messine. "Hormis une seule erreur, notre comportement défensif avait été
solide>, se souvient Fernandez. Ses souvenirs ne s'arrêtent pas là. "Dans le
même temps, continue-t-il, les Niçois avaient également démontré de réels atouts
défensifs, une agressivité dans la récupération. Nous avions pu mesurer leur
efficacité.>
Une efficacité confirmée par des statistiques éloquentes. Au même titre que
Monaco, Lyon et Rennes, les Niçois n'ont encore jamais chuté sur leur terrain
chéri. Avec quatre buts encaissés, ils en ont même fait une forteresse hors
d'atteinte pour les frileux. Metz, qui a su comment s'y prendre pour forcer le
verrou, sait donc devoir mettre en oeuvre, tout à l'heure, des qualités ayant
généré ses meilleurs résultats à l'extérieur. Des qualités de vitesse. Des
qualités de contre. Indispensables qualités. "Surtout devant un adversaire que
je pense déterminé à faire carrière dans ce genre d'épreuve. A mon avis, il
s'agit pour lui d'un véritable objectif."
Dans l'idée de se réconforter, le FC Metz peut aussi se remémorer l'issue d'un
trente-deuxième finale de Coupe de France conclu aux tirs au but (0-0, 4-2),
voici exactement onze mois, déjà au stade du Ray. A l'époque aussi, son destin
s'accompagnait de pression. Mais ainsi que l'évoque Jean Fernandez, la
différence est sensible entre une équipe jouant alors les premiers rôles en
Ligue 2, future demi-finaliste de la Coupe de la Ligue, et sa petite soeur, en
proie aujourd'hui à des angoisses existentielles. Affaire d'état d'esprit. De
confort moral. C'est vrai, le petit monde grenat ne s'écroulerait pas en cas
d'élimination ce soir. Pour lui, définitivement, l'essentiel est ailleurs.