Nice : rester en
altitude ( )
Mercredi soir, dans un bain de
confettis, les Aiglons ont rendu visite à sa majesté Carnaval.
Hier à midi, sur la place de Saint-Martin-Vésubie, où ils sont partis au vert
pour deux jours, ils ont goûté, au milieu des flonflons, à la socca géante
concoctée pour eux.
Plongés au sein des traditions « nissart », ces joueurs de l'OGCN, devenus la
fierté de tout un peuple, ont une porte supplémentaire à enfoncer, ce soir face
à Nantes. En vue, sans la grosse tête : une aventure au-delà des frontières, sur
le char de l'Europe. Pour ces étonnants combattants, venus de si loin, voire de
nulle part, c'est bien sûr le rêve absolu. Encore lointain, et pourtant si
proche, à dix journées de la fin.
Gernot Rohr, qui a mené bien des campagnes, se garde de toute euphorie
précipitée. « II faut être réalistes, tous les gros clubs, dégagés de l'Europe à
l'exception d'Auxerre(battu hier soir) ont mis le turbo. Il sera de plus en plus
compliqué d'accrocher le premier wagon. »
Difficile, mais pas impossible. Gernot Rohr le sait, ses joueurs y croient, dur
comme fer. José Cobos, le capitaine, qui effectue sa rentrée, après trois
semaines sans match (il était suspendu à Bastia) situe parfaitement l'enjeu de
cette 29e journée.
« Après le bon nul de Bastia, on attend de notre part une confirmation. Nantes
est un concurrent direct qu'il faut écarter. On a envie de gagner ce match pour
rester en haut de l'affiche. »
« Quand on a goûté le haut du classement, il est difficile de s'en passer »,
note Romain Pitau.
« L'Europe, on n'est pas les seuls à en rêver. Nantes y pense aussi et il faudra
être très vigilant sur les qualités de ce gros collectif. »
Les Canaris, et leur jeu bien léché, à une touche de balle, un label toujours
vivace et bien préservé du côté de la Jonelière.
A l'aller, les Aiglons s'en étaient sorti par un 0-0. « II ne faut pas croire
que ce sera plus facile cette fois », remarque Cédric Varrault, qui a retrouvé
tout son tonus, après la coupure bénéfique de quinze jours.
« A l'époque, les Nantais étaient en grande difficulté au classement. Depuis,
ils ont retrouvé leurs automatismes et leur vitesse de croisière. Pour gagner,
il faudra réussir un super match. »
Le Gym avec trois attaquants
Face à ce nouveau défi, dans un stade annoncé très bien garni, les Aiglons vont
innover. Everson, on le sait, est suspendu jusqu'à la prochaine journée à Lens,
en attendant l'appel du 5 mars.
Yoann Bigné, élongation à la cuisse, a dû aussi renoncer.
Du coup, c'est Sammy Traoré, ou Patrick BaruI, qui vont monter d'un cran pour
s'occuper du milieu en compagnie d'Eric Roy, Romain Pitau et Cédric Mionnet. Car
Mionnet, lui, va reculer d'un cran derrière les deux pointes Diawara et Cherrad,
un dispositif qui fut celui des 20 dernières minutes à Furiani. .
« Cédric (Mionnet) peut occuper la place tenue habituellement par Everson, mais
son registre est plus offensif», note Gernot Rohr.
Des Aiglons habillés dans leur 4-4-2 version maison, avec une défense qui
devrait enregistrer le retour de NoéPamarot, vingt jours, à peine, après sa
déchirure contre Sochaux. Hier après-midi, sur le petit terrain communal de
Saint-Martin, Pamarot s'estlivré à un essai concluant. En participant à la
séance collective, et en accélérant, il n'a plus ressenti la moindre gêne.
Le coach attendra aujourd'hui pour
décider. Les Niçois descendront quelques heures avant la rencontre de leur
retraite à 1 000 m en Vésubie.
Côté Nantais, Angel Marcos doit se priver des services de Mauro Cetto
(suspendu), Vio-rel Moldovan, Sylvain Armand et Mathieu Berson (blessés).
Mais l'effectif du FCNA est assez large, bâti pour voler haut.
Les Canaris de Mickaël Lan-drea'u, à trois points des Aiglons mais un match en
moins (à Lens), sont loin d'avoir mis une croix sur le championnat.
« On aborde une semaine décisive, avec Nice, puis la venue du Havre. A nous de
bien la négocier », annonce Olivier Quint.
Si Angel Marcos n'a pas dévoilé ses plans, le Camerounais Ateba pourrait
effectuer sa rentrée derrière, avec Ziani et Quint à la distribution pour le
jeune attaquant Gré-goy Pujol.
Un Nice -Nantes avancé de 24 heures - Carnaval oblige -pour deux équipes qui ne
veulent pas perdre de temps : ça devrait pas mal bouger ce soir au Ray.