Nice au régime sans sel( extrait
)
Depuis leur victoire sur Guingamp
(c'était le 29 janvier), on est bien forcé de reconnaître que les Aiglons sont
au régime sans sel.
Sans ailes même !
Quatre points sur dix-huit possibles lors des six dernières sorties : le bilan
comptable est largement déficitaire et la moyenne loin d'être atteinte.
Si l'on analyse froidement la situation, c'est peu ou prou le tableau de marche
d'un... promu. Vous nous direz qu'il n'y a donc pas spécialement matière à s'en
plaindre. D'autant que lors des trois ultimes rencontres, les hommes de Rohr se
sont frottés à Nantes, Lens et Lyon !
Sauf que les Niçois nous avaient - et s'étaient d'ailleurs eux-mêmes - habitués
à aligner des performances d'un autre rang, lors d'une première partie de saison
tonitruante.
L'été fut brillant.
L'automne concluant.
L'hiver, hélas, décevant.
Certes, le Gym possède encore à ce jour la meilleure défense de Ligue 1 (24 buts
encaissés, à égalité avec Monaco) et occupe grâce à cela, une toujours flatteuse
8" place (*) au milieu de cylindrées telles que le PSG, Auxerre ou Lens.
Reste que les héros sont fatigués et qu'il rentrent, tout doucement, dans le
rang.
Dès lors, la déception fut grande dimanche soir après ce coup de poignard signé
Juninho. Et le vestiaire niçois, d'habitude si enjoué, resta fermé plus que
d'ordinaire.
« Personne ne s'attendait à cette défaite. On était très concentrés car c'était
un match difficile face à une équipe championne de France et avec des
internationaux. Dommage, car on avait la maîtrise du jeu mais leur technique
individuelle a fait la différence », reconnaissait Everson.
« Sans réaliser un mauvais match ni une très grande prestation, nous ne sommes
pas passés loin d'un bon résultat. On ajuste manqué de chance, de réalisme et
d'efficacité. C'est tout cela qui nous fait défaut depuis un certain temps »,
analysait lucidement Eric Roy.
Une somme de détails qui font effectivement que, depuis deux mois, les Aiglons
piétinent. Dès lors, l'Europe qu'ils se sont promis d'accrocher semble peu à peu
se dérober sous leurs pieds.
Abardonado : « On fera les
comptes en fin de saison »
On veut croire que la tendance va s'inverser mais le calendrier qui les attend
d'ici la fin du mois d'avril n'incite guère à l'optimisme dans l'optique d'une
prise conséquente de points. Jugez plutôt : déplacements à Monaco et Rennes,
réception d'Auxerre.
« il reste sept matchs et on fera les comptes en fin de saison, tout en essayant
de faire le meilleur résultat possible. D'ici là, Monaco est un derby presque
décisif. On aura un peu l'impression déjouer à domicile », clame néanmoins
Pancho Abardonado.
Cette affiche en Principauté (dimanche 6 avril) est déjà dans toutes les têtes,
c'est un fait.
Pour ce match pas comme les autres face à un leader qui intimide, le coach
niçois a décidé de ménager et d'aérer ses troupes.
« On ne reprendra l'entraînement que mercredi après-midi. La semaine prochaine,
je pense qu'on va aller s'oxygéner. Pourquoi pas en faisant quelques footings le
long des plages ? », lance Gernot Rohr, d'un ton badin. (**)
II ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu'on devrait retrouver les
Aiglons du côté du Bassin d'Arcachon lundi et mardi, Rohr cherchant d'ailleurs à
organiser un match amical sur place.Souhaitons-leur d'y retrouver leurs ailes
car on aimerait encore planer un peu avec eux...
(*) Nice reste sous la menace d'Auxerre (9" à 1 point) qui doit rejouer son
match à domicile contre Sedan.
(**) Même après des mauvais résultats, le technicien azuréen ne se départit
jamais de son éternel optimisme et se montre toujours disponible. Ce n'est pas
si courant dans l'univers dans lequel il évolue...