PANCHO N'EST PAS
ORPHELIN
Pancho Abardonado n'est pas du genre
inquiet ! Le défenseur à la grinta largement au-dessus de la moyenne ne se sent
pas orphelin avant d'aller à Bastia sans deux de ses meilleurs complices, José
Cobos et Noé Pamarot.
La meilleure défense de France est pourtant décapitée sans son capitaine et sans
son colosse-combattant. Mais Pancho relativise. « Inutile de dire qu'ils ont eu
un rôle important et capital depuis le début de la saison. Mais Nice, cette
année, c'est avant tout une question d'état d'esprit et de comportement, Et je
suis certain qu'en Corse, ceux qui les remplaceront (Ndlr : Traoré et Eric Roy)
seront largement au niveau. »
Comment l'un des Niçois les plus réguliers du début de saison pourrait-il douter
alors que les dirigeants viennent de lui faire le plus beau des cadeaux en le
déclarant parmi les priorités du recrutement de la prochaine saison ? « Un geste
qui m'a profondément touché car il prouve que l'on compte sur moi et que je
réalise donc une saison intéressante. Si l'affaire capote,' ce ne sera pas à
cause de moi car je suis prêt à justifier la confiance des Niçois à mon égard et
à faire tous les efforts nécessaires. La semaine prochaine on en saura plus mais
j'ai bon espoir de rester ici. Et puis Nice et Marseille sont deux villes qui se
ressemblent beaucoup, le sud c'est le sud. Une heure de voiture, ce n'est rien !
»
Le joueur le plus aimé !
Discret dans la vie, « énorme » sur une pelouse, l'homme n'est pas à un paradoxe
près.Et quand Bernard Ginés, le préparateur physique parle de lui, ce n'est que
compliments et reconnaissance du travail bien fait. « Je le connaissais depuis
les moins de 17 ans quand j'étais à Toulon et lui à l'OM. C'était déjà un
patron, un chef, un guerrier et ses qualités défensives étaient évidentes. Pour
un coach, c'est un joueur rêvé car il est toujours partant pour travailler,
jamais blessé et toujours à 1 écoute. C'est probablement un des joueurs les plus
aimés au club et ce n'est pas un hasard. »
Eric Roy qui a pas mal bourlingué dans sa riche carrière n'éprouve aucune appréhension avant d'aller croiser le fer en Corse, à ses côtés. « il n'y a aucune pression particulière car nous avons tous la volonté de continuer dans la même voie, Entouré de Sammy et de Pancho, on fera le maximum pour gommer les incertitudes d'une défense new-look. C'est aussi une question de concentration, de communication, de réglages à mettre en place. Le challenge est vraiment intéressant a relever car en plus il y a danger :en cas de victoire, les Corses vont nous passer devant. Ça doit motiver tout le monde ! »
Furiani, pelouse fétiche
Pancho ne veut pas entendre parler de ce scénario catastrophe et revenir les
mains vides de Bastia. « On reste sur un nul chez nous contre Sochaux et on doit
essayer de rattraper le temps perdu dans une ambiance chaude que j'apprécie
toujours. Et puis Furiani, c'est spécial pour moi : c'est la pelouse où j'ai
joué mon premier match en D1 avec l'OM. Et je n'avais pas perdu ! »
La camaraderie, la fidélité, la solidarité sont des qualités primordiales aux
yeux du défenseur. « C'est un minimum pour réussir dans un sport collectif.
C'est aussi un minimum pour que je me sente à l'aise dans un groupe et que je
parvienne à donner le maximum sur un terrain. Cette saison, c'est la marque de
fabrique de Nice et il ne faut pas aller chercher ailleurs les clés de notre
réussite. Mais quand on connaît un peu Gernot Rohr qui avait aussi cette image
quand il était joueur, il ne faut pas s'étonner que l'équipe lui ressemble. Le
message est passé au-delà de toute espérance. A Lorient, dans un autre registre,
c'était déjà pas mal et cela nous avait permis d'aller chercher une coupe de
France mais aussi malheureusement de descendre en 02. »
A Marseille, personne n'a oublié le « minot ». Même si les bons résultats
actuels de l'OM, les réussites de Lebœuf, Van Buyten, Ecker ou Meïté n'en font
peut-être plus une priorité. « iI y a toujours eu des contacts, des visites, des
articles, des reportages sur mon parcours. Marseille, c'est ma ville mais je
suis professionnel et je dois privilégier mon temps de jeu. Je n'ai plus l'âge
de rester sur le banc tout le temps ! Je ne veux pas de garanties mais je ne
veux pas que les dés soient pipés non plus. Les dirigeants niçois, eux, ne
cachent pas qu'ils veulent s'appuyer sur le même groupe qui a fait ses preuves.
Jl n'est d'ailleurs pas figé et Sammy (Traoré), Cedric (Mionnet) et Oumar (Bakari)
ou Serge (Die) ont prouvé que l'on pouvait s'y intégrer sans problème. C'est un
signe qui ne trompe pas. »
Cet homme est vraiment de l'or en barre. Et les Marseillais ne savent pas ce
qu'ils perdent en lui tournant le dos. Les dirigeants, pas les supporters qui
ont toujours adoré ceux qui mouillaient le maillot jusqu'à le tordre au coup de
sifflet final.
Pancho Abardonado comprend mieux maintenant pourtant l'on dit souvent que nul
n'est prophète en son pays !