Un entraîneur entendu
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Lundi soir, Maurice Cohen, Gernot
Rohr et Roger Ricort ont dîné en commun. L'avenir de l'OGCN était au menu
principal des discussions. Car si le Gym veut terminer en beauté son
extraordinaire épopée 2002-2003 (à commencer par le choc très attendu à Bastia
samedi), il faut penser aux saisons suivantes. Pitau, Pamarot, Everson, pour les
joueurs sous contrat, suscitent le plus d'intérêt. « On va les garder », dit Gernot
Rohr, De la part du président, le coach a reçu ce qu'il espérait : la
confirmation d'une politique sportive ambitieuse.
« L'intention du club est de ne vendre aucun de ses joueurs majeurs à
l'intersaison », souligne Maurice Cohen. « La deuxième saison dans l'élite est
souvent la plus difficile », note Gernot Rohr. «il ne faut surtout pas se
retrouver diminués. Evidemment, si le Real propose 100 millions pour un joueur,
là, on s'inclinera... Mais bon, ce n'est pas le cas. Aussi, notre recrutement a
bien commencé avec Serge Die, Oumar Bakari et Cédric Mionnet », remarque un
coach rasséréné pour mener avec Nice un « projet sur trois ans ». C'est sans
doute son vœu le plus cher : voir grandir l'aventure de ce groupe qu'il a créé.
En incorporant les jeunes qui tapent à la porte.
Courtisé par des clubs français, allemands, turcs et espagnols, Gernot Rohr
(sous contrat avec le Gym jusqu'en 2005) lève donc aujourd'hui l'ambiguïté née
de ces contacts. « Avec cette philosophie, je ne vois pas pourquoi je ne
continuerai pas à Nice. L'argent n'est pas tout. Au club, on est tous d'accord
pour continuer sur la même optique. Les administrateurs ne chercheront pas le
profit immédiat par la vente de joueurs valorisés. L'important, c'est de
construire ».
Le fait que Gernot Rohr demeure le patron du sportif est aussi, sans conteste,
un élément qui crédibilise le club sur la durée. Notamment vis à vis des joueurs
prêtés (Diawara, Bigné, Abardonado, Grégorini, Meslin, Olufade, BaruI) que l'OGCN,
pour la majorité, souhaite vivement conserver. Hier matin, au siège, Maurice
Cohen était très occupé, enchaînant les entretiens, croisant certains agents...
« Les joueurs meconfient tous qu'ils veulent rester. Les négociations avec les
clubs concernés vont débuter. On va faire le maximum, mais ça ne dépend pas que
de nous », note-t-il.
Stade : vers un exil monégasque
?
En fin de saison, la majeure partie des bénéfices du club sera répartie en
faveur des joueurs. Le cadre financier niçois sera en légère hausse la saison
prochaine (« 70% environ », dit Maurice Cohen), mais sans aucune folie possible.
« La fourchette de nos salaires restera de 40.000 à 150.000F », note le
président. « On sera sans doute encore interdit de recrutement onéreux par la
DNCG », rappelle aussi le président. Alors, même si le lien affectif des
«prêtés» est indéniable, si Nice en a besoin, si le public les réclame, comment
l'OGCN compte-t-il s'y prendre pour garder son joli monde ? « On va essayer
d'utiliser des moyens légaux pour intéresser les clubs à laisser les joueurs
libres », dit Maurice Cohen, sans aborder les détails. « Et pour les salaires,
on va renforcer notre système d'intéressement aux résultats, et également,
proposer, pour certains, des contrats étalés sur la durée ». Dans l'autre sens,
le Gym compte réduire son effectif en quantité. « Passer à 25 pros environ, au
lieu de 33 actuellement », précise Maurice Cohen.
Difficile, enfin, d'aborder l'avenir sans évoquer la question du stade. Au Ray,
les travaux débuteront en 2004, et la future enceinte (désignée en Conseil
municipal le 28 mars) sera de toute façon couverte. Les supporters ont écrit au
maire, Jacques Peyrat, pour réclamer que l'OGCN ne joue pas à Cannes pendant la
durée des travaux. « Je vais demander une entrevue aux dirigeants de l'AS Monaco
pour étudier la possibilité de partager le stade Louis-11 », précise Maurice
Cohen (à la tête d'une société monégasque d'édition, rappelons-le). « De p/us,
/e maire s'est montré favorable à notre demande d'un chantier réalisé en deux
tranches ». Ce qui permettrait (en théorie) à l'OGCN de retrouver son terrain
après une seule saison d'exil, avec une partie des tribunes accessible au public
en attendant la fin de l'ouvrage.