PANCHO sans temps mort
(extrait
)
Avec Jacques « Pancho » Abardonado, tout est affaire de cœur, de foi ou de volonté, c'est comme vous voudrez.
Contre Auxerre, une fois de plus il
a laissé tout le monde baba.Omniprésent, infranchissable, increvable. Cissé a
beau être le plus rapide, à l'aller, comme au retour, l'AJA a toujours buté, et
Jamais marqué.
C'est sans risque. Si vous cherchez un symbole de l'esprit niçois, vous pouvez
voter Pancho. Samedi, à Rennes, Abardonado jouera son 36' match de la saison,
série en cours. Il est le seul, en effet, à ne pas avoir raté un seul
rendez-vous : 33 journées de championnat, plus les deux matches de Coupe. « On
s'est lancé un petit pari avec Gernot Rohr », sourit Pancho. « Le coach m'a
précisé qu'avec les Girondins, une fois, il avait disputé toutes les journées.
Il ne me reste plus que cinq étapes, ça se rapproche ».
Jamais sur la touche, donc, le régulier a son secret. « Les petits plats
diététiques préparés par mon épouse (Hélène) ». Les litres d'eau engloutis font
aussi partie du décor. « S'il y a des packs qui disparaissent parfois dans les
vestiaires, je l'avoue, c'est moi ! ».
Sans oublier, les plages de repos. « Mon temps libre ne varie pas. Sieste à la
maison, et jeux avec mes deux enfants (Raphaël, 2 ans, et Marie, 1 an) ».
Venu de Lorient (son précédent prêt) avec l'étiquette d'un « 6 » plutôt sur le dos, Abardonado n'a donc de cesse d'affirmer ses qualités de stoppeur. Défense à 5, à 4, ou à 3 devant Damien Grégorini, qu'importe le schéma, Pancho s'adapte et se place de mieux en mieux. Au côté de José Cobos, la doublette fait merveille, au sein de la meilleure défense de l'hexagone. « José m'apporte énormément », confie l'ex-Marseillais. « II voit tout, et nous parle sans arrêt. A côté de lui, tu ne peux pas te relâcher ».
L'effet du métier ? Abardonado
muselle les attaquants mais évite aussi les cartons. Quatre petits jaunes,
seulement, depuis le 3 août, et assez espacés pour éviter la moindre suspension.
« Avant, j'en prenais trop », dit-il. « Je voulais effacer cette image négative
de moi». Demeure, plus que jamais, celle d'un joueur attaché au maillot, comme à
une famille. On pense à ses origines, gitanes.
Il confirme. « Les miens m'ont appris la valeur des choses. Si un jour je ne
réussis pas dans la tâche, je ne veux pas qu'on puisse dire : «il n'a pas fait
tout ce qu'il fallait». Mais simplement :«II ne pouvait pas ».
Un futur qu'il voudrait Niçois
Une philosophie qui rejoint son ambition pour le Gym. « De cette formidable
aventure, à la fin, n'avoir aucun regret ».On lui glisse qu'il a connu la Ligue
des champions, avec l'OM.
L'Europe ? Et les mots de Pancho, illico, se remettent à chanter... « Un match européen, c'est un parfum, une ambiance, une émotion, un truc à part», dit-il. Notre objectif, c'est d'accrocher l'Intertoto. Ce n'est pas le même nom, d'accord, mais c'est toujours l'Europe. Et moi, je rêve de la jouer avec Nice, cette coupe ! ».
Aussi évident qu'il voit désormais
son avenir en Rouge et Noir, Pancho connaît l'obstacle. Les deux millions
d'euros de transfert demandés par l'OM. « C'est beaucoup d'argent », souffle en
douceur le défenseur... « J'espère que les dirigeants des deux camps trouveront
un terrain d'entente, sans mettre des bâtons dans les roues, pour continuer la
route avec le Gym ». A l'OM fut son modèle, Laurent Blanc, et vers la cité
phocéenne resteront ses attaches et une partie de son cœur, pour toujours. Mais
son nom a-t-il jamais été aussi bien scandé que par le public Ray ? N'a-t-il
jamais été aussi bon qu'avec l'OGC Nice ? Il n'y que les louanges pour voir
battre en retraite le combattant. « D'autres défis nous attendent », dit-il.
Il parle d'une autre conquête, « difficile », ce match à Rennes (tiens, pas loin
de Lorient, où il s'est révélé loin des siens), « où Nice visera le nul, au
minimum.
Jusqu'alors, on n'a pas très bien
réussi contre les mal classés. Espérons que ça change... »