Gernot " On en doute pas
"(extrait )
II s'avance en direction des journalistes, saluant poliment chacun de ses interlocuteurs, le visage marqué par la sueur.
Tandis que la plupart des joueurs restent encore sur la pelouse pour en finir
avec un concours de reprises de volée , le coach niçois souffle un peu.
Trois sets de tennis-ballon -hier matin à Charles-Ehrmann - avec Poussin Meslin
ont laissé quelques traces. Gernot en rigole : « J'ai réussi à lui prendre un
set , c'est vraiment bien. Parce qu'il est difficile à battre, même Everson n'a
pas réussi à gagner un seul set contre Poussin ! ».
A deux jours d'un derby princier ou annoncé comme tel, Rohr et ses Aiglons
affichent un moral à toute épreuve.
Du moins expriment-ils une bonne humeur contagieuse à l'approche d'un match qui
peut s'avérer décisif pour la suite de leur épopée. Dans le bon comme le mauvais
sens du terme...
On connaît les données du problème. On connaît aussi les statistiques actuelles
du Gym.
On sait ce groupe fier et déterminé. Mais que vaudront les intentions face à une
équipe d'une supérieure dimension?
« La logique a fini par s'imposer reconna'it d'emblée le technicien azuréen. On
a le plus petit budget du championnat et eux le plus gros. Leurs joueurs sont
les mieux payés et les nôtres les moins bien. En fait, c'est encore un petit
miracle si nos positions ne sont pas si éloignées au classement. La véritable
surprise, c'est que Nice ait pu décrocher son maintien même si on a un peu
baissé de pied depuis... »
« Mais on ne doute pas reprend instantanément l'Allemand. On sait pertinemment
que ça va être dur, qu'ils veulent être champions. Mais c'est un derby. On ne
doute pas parce qu'on est solides. On a la meilleure défense du championnat et
on voudrait arriver à faire encore parler de nous. Après la défaite de Lyon, on
a envie de remettre les choses à leur place. »
Le ton est posé mais l'on sent bien la pointe d'orgueil revanchard qui perce à
travers le propos.
Après un raffut médiatique sans précédent eu égard au parcours exceptionnel, les
Aiglons sont retournés doucement à l'anonymat, en même temps qu'ils rentraient
peu à peu dans le rang au classement.
Ce match face à des Monégasques au succès insolent est l'occasion d'entretenir
la flamme, ou au besoin la rallumer en cas de résultat très positif.
« Monaco est une des, meilleures équipes avec Lyon et Bordeaux reprend le coach
niçois. On a l'impression que c'est un rouleau compresseur mais on a noté aussi
la petite défaite contre Bordeaux, même si c'était sur un geste d'antijeu. Nous
allons essayer de faire un bon match pour finir au mieux possible la saison. Et
puis, même si on perd, il restera encore dix-huit points à prendre. On sort d'un
bon stage et les joueurs sont au top physiquement comme tactiquement. »
Connaissant la compacité et l'efficacité des dispositifs tactiques préconisés
par Rohr, Didier Deschamps aura matière à disserter. Gernot n'oublie pas qu'ils
évoluèrent ensemble aux Girondins.
« C'est vrai que j'ai été son entraîneur pendant quelques semaines à Bordeaux en
99, sourit Rohr. A l'époque il ne jouait pas beaucoup car il avait des problèmes
au bras. Aujourd'hui, c'est un entraîneur qui réalise un parcours formidable.
Ils ont apporté à leur touche technique un état d'esprit et un pressing qui est
franchement impressionnant, le tout sans négliger la défense. C'est quelqu'un
qui n'a pas eu peur non plus d'écarter des gens pour en mettre d'autres. Gérer
un effectif n'est pas toujours évident... Franchement, je pense qu'il a franchi
un pas. »
Un jugement sans artifice. En attendant, peut-être, le feu d'artifices...