FIER D'ETRE NICOIS ( NM 20/01)

Lionel, quel est votre sentiment au sujet du parcours des Aiglons?
Leur place est méritée, sans la moindre ambiguïté. Quand un collectif marche
aussi bien, les individualités ressortent, c'est inévitable. Depuis le début,
pas mal d'observateurs estiment qu'ils vont fléchir en route. Moi, ça me
rappelle ce que j'ai vécu à Metz, en 98.
On était la surprise totale, on se régalait, on enchaînait les bons résultats,
et en définitive, jusqu'à la dernière journée, on s'est trouvé en position
d'être champion (ndir : Lens fut sacré in-extremis au goal-average).
Ça reste un super souvenir. On avait, aussi, une défense solide. Quand tu
encaisses peu de buts, tu n'es jamais loin du bon compte.
Si vous deviez donner un conseil
aux Niçois, aujourd'hui
?
En premier, je leur dirais de profiter à fond de ce qui leur arrive. Une telle
aventure, on ne sait jamais quand elle se reproduira. D'autant qu'ils doivent se
pencher sur le cas des joueurs prêtés.
Cette saison, ils ont tout : la qualité du jeu, la confiance, l'état d'esprit,
la réussite. C'est un cocktail rare, fabuleux 1 En deuxième, je leur
conseillerais de ne vraiment rien lâcher. A l'arrivée, le titre, ou une place
européenne, ça se joue souvent sur un tout petit rien... Ils ont les joueurs
d'expérience pour le savoir.
Au fond, cette réussite doit
vous faire plaisir...
Quand j'entends le Gym premier, c'est vrai, je me sens fier d'être Niçois. Très
fier, même!
Mercredi, vous garderez les buts du PSG...
Ça ne me pose aucun problème. Je fais automatiquement la distinction. Pendant 90
minutes, je vais tout faire pour que Nice, cette fois, ne gagne pas. L'émotion
de mon retour, le plaisir de retrouver le Ray, tout cela sera oublié au moment
du coup d'envoi.
Pensez-vous rejouer un jour à
Nice ?
Dans le foot pro, il est difficile de faire des prévisions. C'est souvent
inutile. J'ai encore deux ans de contrat au PSG, mon intention est d'aller au
bout. J'aurai 32 ans, et j'espère jouer jusqu'à 34-35 ans. On verra à ce
moment-là...
Damien Gregorini?
II est jeune, il fallait avant tout qu'il joue. Il a fait le bon choix en venant
à Nice. Comme il est pétri de qualités, il s'affirme. Pour l'avenir, je le vois
s'installer durablement parmi les bons gardiens de Ligue 1.
Au plan personnel, vous avez dit
que vous estimez votre saison correcte, mais
sans éclat?
Oui. Je n'ai pas commis de faute, mais je n'ai pas réalisé les exploits qui nous
auraient permis de récolter deux ou trois points de plus. C'est un regret. Je
veux faire mieux.
Le PSG a déçu, Fernandez a été
sur la sellette. A Paris, ça parait toujours plus dur de réussir. Pourquoi?
Entre nous, les joueurs, ça se passe plutôt bien dans l'ensemble. La difficulté,
elle concerne l'environnement. La ville, les médias, la pression, les rumeurs,
le stade, ici, il y a beaucoup de choses qui peuvent changer un homme. Paris,
aussi, est toujours l'équipe à battre.
On est le club mal aimé, toutes les équipes veulent se payer notre peau. Il faut
donc être plus costaud dans la tête. Mais je vais vous dire : moi, je suis très
heureux de jouer à Paris. C'est un grand club, et le fait d'évoluer devant des
stades pleins, à domicile comme à l'extérieur, c'est toujours une motivation
supplémentaire. En tout cas, je le prends comme ça.
Dans quel état d'esprit le PSG se rend-il à Nice?
Avec l'obligation de résultat. La victoire, ou le nul au minimum. Vu notre
position, on n'a plus le droit à l'erreur. Depuis la reprise, on reste sur un
nul (à Ajaccio) et un succès (sur le Havre). Il faut confirmer.
Kaba Diawara va retrouver le
club auquel il appartient...
Kaba doit être super heureux d'effectuer enfin une saison complète, sans manquer
un match. Dans les grands clubs où il est passé, son malheur, c'était d'être
privé de temps de jeu. Avec Nice, il a retrouvé toute sa confiance, mais aussi
toutes ses sensations physiques. Dès lors, le buteur ne peut être que
dangereux...
Ronaldinho jouera-t-il mercredi
?
Il suit son propre programme de remise en condition. Mais sur la date de son
retour, motus. C'est encore la surprise...