Lens : Le maintien en tête

 

Extrait RCLens.fr

 

 

Erreurs défensives, défense inédite, absences d’éléments clefs pour cause de Coupe d’Afrique des Nations ou de suspension, blessure de Cyril Rool et expulsion, avant la pause, de Dagui Bakari : le scénario particulier de la rencontre niçoise s’inscrit dans une tendance régulière à une inconstance aussi fâcheuse qu’inexplicable ou - par moments - inexcusable. Rien n’aura été épargné, depuis l’entame de Championnat, à des Sang et Or bien obligés de penser, à présent, à colmater des brèches qu’ils ont parfois eux-mêmes ouvertes, et condamnés, tous les quinze jours, à des partiels de rattrapage devant un public logiquement dubitatif. La victoire - aux forceps - arrachée face à Strasbourg n’aura donc pas été suivie d’effets même si l’on savait la tâche, sur les bords d’une la Grande Bleue, presque chimérique étant donnée la solidité de la formation de Gernot Rohr.

"Compte tenu du problème, l’objectif est simple et consiste à arriver à quarante-deux, quarante-trois points afin d’assurer la pérénité du club et de travailler à l’effectif de la saison prochaine, constatait hier soir Joël Muller. Le courage a ses limites..." Des limites qu’il faudra - est-ce finalement envisageable ? - tenter de repousser très rapidement sous peine de ne pouvoir, une fois de plus, que constater les dégâts causés par quelques-unes des plus fines attaques hexagonales (Lyon, Paris et Monaco à domicile).

Si l’heure approche de retours en provenance de Tunisie que l’on espère salvateurs, le quotidien, cette semaine, va évidemment constituer à ne pas manquer ce virage breton symbolisé par la venue d’un Stade Rennais dont la seule austérité du profil explique un contraste entre bilan à domicile (vingt-trois points) et à l’extérieur (six minuscules points) similaire à celui du Racing. Eric Sikora : "On est dans un situation où, après un 4-0, on doit dire qu’on joue le maintien. Il reste encore quinze matchs et des points à prendre. Je préfère regarder devant que derrière même s’il faut avoir un coup d’œil dans le rétroviseur. Le travail qui avait été fait en début de partie a été anéanti par deux erreurs. Nice n’en demandait pas tant. On va avoir une semaine de travail délicate. Il va falloir à tout prix gagner face à Rennes."



Que dire, comment agir, à présent, si ce n’est faire du travail et de l’abnégation les seules et uniques réponses à une situation désagréable et depuis trop longtemps prolongée ? "Si nous avions des remèdes, poursuivait Eric Sikora, nous n’aurions pas pris 4-0. Il faut faire son autocritique, se remettre en cause, se regarder en face et réagir sur le terrain. Il faut être mesuré, même si c’est toujours dur de repartir avec quatre buts. Quand on ne gagne pas à l’extérieur, il y a toujours de la pression chez nous. Il faut l’assumer et il est logique que le public soit mécontent."

Mécontents, les supporters artésiens ont assurément le droit de l’être. Il serait même étrange qu’il en soit autrement. Mais gronder trop fort, c’est oublier qu’un club, à fortiori dans le Nord de la France, est affaire de solidarité. En dépit des tempêtes, il convient de faire preuve d’un minimum de recul, d’intelligence, de sens critique pour aider son équipe à assurer le plus vite possible sa place dans l’Elite, avant de pouvoir ensuite faire allègrement table rase d’une saison dont on savait, depuis le début, quelle ne serait pas de tout repos en raison de la plus que nécessaire - il est impossible de le nier - incorporation de jeunes espoirs. Et tant pis si le spectacle est décevant. "Quand on est professionnel, il y a des bons et des mauvais moments, concluait Eric Sikora avant le départ pour l'Aéroport de Nice. Moi aussi, j’ai pris des cartons quand j’étais jeune. Ce n’est pas pour cela que cela s’est terminé. Il ne faut pas se dire que nous sommes "bidons". On a des qualités, il faut les exprimer sur le terrain." L’homme ne progressant que dans la difficulté, il ne fait aucun doute que ce trop plein d’expériences douloureuses s’avérera, pour de nombreux jeunes, fort utile dans les prochaines années. Dans la déception, dans la passion, il faut savoir - chose ardue - rester mesuré.