Lille, stadium morne
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C’est
officiel, Lille n’y arrive plus. Déjà, en début de saison, il n’arrivait plus à
conserver son avantage après avoir ouvert le score. Il n’y arrive toujours pas.
Et, à force de buter, le LOSC a en plus perdu le fil de son jeu. Il est moins
serein dans la construction, parfois déphasé dans la finition. Hier, malgré
l’important déchet dans ses passes, l’équipe nordiste s’est créé trois occasions
très nettes en première période, grâce à l’extrême gentillesse des défenseurs
niçois (« des fautes grossières », dira Frédéric Antonetti). Fauvergue en a
manqué deux : une tête à bout portant non cadrée (6e) et une reprise sur un
centre en retrait de Lichtsteiner qui s’est perdu dans le ciel du Nord (26e).
L’ancien international Espoirs avait déjà laissé filer une balle de break, sans
doute de match. Car, à la 19e minute, il avait repris en allongeant la jambe un
service du latéral suisse, titularisé au milieu hier (1-0). « Ce match, je le
prends pour moi, expliquera le malheureux.
Je ne comprends même pas comment j’ai pu rater ces occasions. Je m’en veux
énormément. » En l’absence de Makoun et Kluivert (blessés), Lille a surtout
affiché ses limites du moment. « Notre début de saison, bon dans la manière mais
décevant au niveau des points, nous a mis en difficulté, reconnaît Claude Puel.
Maintenant, nous sommes une équipe qui a besoin de points, nous devons mettre
l’accent sur le jeu, la solidarité, ne pas calculer nos efforts. »
Rassurés par leur égalisation (c.s.c. de Plestan, 41e), les Azuréens se montrèrent beaucoup moins généreux après le repos. En grande difficulté la saison passée à la même époque, l’OGCN respire la confiance. Cela s’est franchement vu en deuxième période, quand Lille a souffert d’un « manque de jambes » (Tafforeau). Hellebuyck, depuis l’entrée de la surface, a ainsi manqué de peu le cadre (78e), à un moment où les sifflets commençaient à dégringoler des tribunes. Le LOSC n’a gagné qu’un match sur sept à domicile, un rendement qui le condamne au ventre mou. Quatre unités plus haut, Nice peut rêver à d’autres horizons. Surtout si la cohérence de son jeu perdure. « Notre seul problème, c’est que nous sommes limités en nombre malgré l’arrivée de Jeunechamp, prévient l’entraîneur azuréen. Quand nous sommes au complet, c’est vrai que nous sommes très compétitifs. Alors si vous me dites que nous serons au complet jusqu’à la fin de la saison, je vous réponds que nous pouvons effectivement être ambitieux. Mais ça, je ne le sais pas. »
D’ici à la trêve, l’OGCN croisera successivement Paris, Monaco, Bordeaux, Lyon et Valenciennes. « On voulait se mettre dans de bonnes conditions avant cette série et on n’a rien à perdre », rappelle Olivier Échouafni. Pendant que la jeunesse lilloise s’enlise dans une saison morne, les vieux Niçois sentent que,pour eux, la fin peut être jolie. Conclusion de leur capitaine : « Ce soir, on a pris beaucoup de plaisir. »
Le jeu et les joueurs
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L’homme clé : FAUVERGUE (Lille), 4,5
S’il a eu lemérite d’ouvrir le score à la suite d’un service idéal de Lichtsteiner (19e), l’attaquant lillois aurait pu être le héros du match s’il n’avait manqué deux occasions nettes (6e, 26e), dont la seconde encore offerte par l’international suisse. Deux erreurs qu’il a d’ailleurs reconnues comme impardonnables. Il a manqué d’influence sur le jeu offensif, effectuant souvent les appels à contretemps et manquant de mobilité. Globalement, il n’a pas vraiment pesé sur la défense centrale niçoise.
LILLE
SYLVA (5,5) : pas grand-chose à faire et sans responsabilité sur le but.
BÉRIA (4,5) :mis en difficulté en début de rencontre par Hellebuyck et par Bamogo, il s’est bien repris et a joué dans l’axe après le repos, à la suite de la sortie de Franquart.
PLESTAN (4,5) : a bien dirigé sa défense avant de marquer contre son camp (41e), ce qui fut le tournant du match.
FRANQUART (5,5) : tranquille, il a été intelligent dans la relance, avant de se blesser peu avant le repos (genou droit). Remplacé par MIRALLAS (4), qui a beaucoup couru dans le vide.
TAFFOREAU (5,5) : toujours aussi travailleur, il aurait gagné à calmer le jeu par instants.
DUMONT (4,5) : actif, mais pas toujours inspiré.
CABAYE (5) : a commis beaucoup d’erreurs dans la relance au cours des vingt premières minutes.
OBRANIAK (5) : d’abord un peu chien fou, il s’est ensuite calmé.
LICHTSTEINER (6,5) : le meilleur Lillois, il est à l’origine de l’ouverture du score et d’une occasion en or offerte à Fauvergue.
FAUVERGUE (4,5): voir ci-dessus.
BASTOS (4,5) : son pied gauche a été moins bénéfique que de coutume.
NICE
LETIZI (5,5) : rarement sollicité, il ne peut rien sur le but.
APAM(5) : un carton jaune (58e) sur l’une des rares actions où il s’est laissé prendre de vitesse.
KANTÉ (4,5) : une glissade (26e) et quelques relances qui ont donné de belles munitions aux Lillois.
HOGNON (5) : devancé par Fauvergue sur le but, propre sur lui le reste du temps.
ROOL (4,5) : on l’a connu plus avisé offensivement et il a encore écopé d’un avertissement pour une vilaine obstruction sur Obraniak : le 145e de sa carrière.
BALMONT(6) : gros travailleur, il a fait dans la simplicité.
ÉCHOUAFNI (6) : il a organisé sans prendre le moindre risque.
HELLEBUYCK (6) : moteur d’un milieu dominateur, il a réussi son retour.
EDERSON (5) : moins tonique que ses trois copains de l’entrejeu, il a manqué ses coups de pied arrêtés.
BAMOGO(6,5) : il a provoqué l’égalisation niçoise au bout d’une action personnelle. C’est mérité. Il a été un point d’appui très utile pour son équipe.
B.KONÉ(5,5) : l’Ivoirien n’a pas pu placer beaucoup d’accélérations. Mais il a quand même coûté deux avertissements à la charnière lilloise (Plestan- Franquart)