Un pas de plus, un pas de moins

 

Extrait L'Equipe, Latérale Nissart

 

 

A l'heure où la dernière mine de charbon de Lorraine fermait ses portes sur un siècle et demi d'une formidable épopée industrielle, les Messins, eux, pouvaient afficher une... mine des plus réjouies. Sans livrer, loin s'en faut, leur meilleur match, ils ont néanmoins su aller au charbon quand il l'a fallu et forer une décision qui a tardé à se dessiner. « Même en jouant moyennement,on gagne, alors qu'avant, même en jouant bien, on perdait. C'est encourageant » , constate le capitaine messin Grégory Proment, qui a signé son retour le suspension en offrant la victoire aux siens sur un penalty que les Niçois ont sans doute encore du mal, ce matin, à digérer. Un sentiment confirmé par la réaction de l'entraîneur niçois en fin de partie : « Mon joueur(Abardonado) me dit qu'il n'a pas fait main sur l'action du penalty. Il m'a dit que c'était le ballon qui était venu à la main. Les joueurs sont révoltés. C'est une injustice. Nous ne pestons pas. Nous parlons juste tranquillement et nous constatons. »

Pourlant, le bras d'Abardonado, qui dévia une reprise de volée de Gueye, était bien décollé de son corps, ce qui incita l'arbitre de la rencontre, M. Faurel, à ne pas hésiter un seul instant pour signifier la sanction suprême. Le calme de Proment et son pied droit ont alors fait le reste (62e).

Ce match, stérile en occasions de but, pouvait-il d'ailleurs vraiment basculer autrement que sur un tel coup de pied arrêté ? Sans doute pas. Bien verrouillé par des Niçois cherchant à éviter un quatrième revers consécutif en championnat, le jeu n'avait jusqu'alors strictement rien d'alléchant. Et il en fut de même jusqu'au terme des débats.

«Regardez mon short et mon maillot : je n'ai pas une seule tâche d'herbe », témoignait le gardien messin Ludovic Butelle, qui n'eut pas le moindre tir cadré niçois à se mettre sous les gants. En face, Grégorini n'eut guère à s'employer davantage, ce qui ne peut donner qu'une vague idée du profond puits d'ennui qu'il a fallu traverser pendant une heure et demie. Seule l'incertitude du résultat final donna vraiment le change. « L'équipe de Nice n'était vraiment pas facile à manoeuvrer car elle était bien regroupée derrière. N'oublions pas qu'elle a l'habitude de faire beaucoup de nuls (14 au total) », pouvait donc savourer l'entraîneur Jean Fernandez.

Petite victoire, mais grand bénéfice... En signant son troisième succès consécutif à domicile, là où Metz, jusqu'à il y a peu, souffrait le martyr (9 défaites lors des 14 premiers matches à Saint-Symphorien), Metz a pris ses distances avec Ajaccio, premier reléguable, avec un matelas de trois points et un petit bonus dû à une différence de but très favorable (-8 contre -23). Ce qui ne sera pas forcément de trop à l'heure d'enchaîner Marseille et Lyon.

« Peut-être faudra-t-il plus de 38 points pour se sauver. En attendant, cela nous permet d'aller plus sereinement à Marseille. Ce n'est pas forcément le genre de matchs où l'on peut s'attendre à prendre des points, mais j'attends de mes joueurs qu'ils prennent du plaisir au Vélodrome s, annonce Fernandez. Un rendez-vous que Butelle attend, également, avec impatience : « C'est évidemment le genre de matchs qu'on a envie de jouer. Et avec l'état d'esprit qui est le notre en ce moment, on peut encore espérer réaliser de belles choses. »

Le culot affiché par le jeune et fluet Ludovic Obraniak, 19 ans, titularisé pour la première fois de sa carrière en Ligue 1, montre d'ailleurs combien les Messins disposent encore de ressources exploitables.

Gernot Rohr, quant à lui, affirmait : «On a plutôt fait un bon match. On avait une bonne maîtrise du jeu avec une bonne circulation du ballon, mais il manquait quelque chose, je pense que le forfait de Meslin nous a privés de la petite pointe de vitesse qui aurait pu nous aider pour marquer un but. »

Mais l'objectif de coupe Intertoto s'éloigne de plus en plus, après celui de L'UEFA.

Les niçois ont bien du mal à gérer l'après maintien !

Est ce un manque d'ambition ? Possible !