Nice, fabrique à gardiens
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Extrait France Football

Tradition. Letizi, Alonzo, Amitrano, Valencony, mais aussi Lamia, Aubour, Rey ou Baratelli : les cages ont souvent été bien gardées sur la Côte d’Azur.
« Difficile à expliquer.» C’est en substance le seul « éclairage » obtenu à un questionnement pourtant précis : pourquoi et comment l’OGCN arrive depuis des décennies à sortir une tripotée de bons gardiens ? Parfois internationaux, comme Georges Lamia (à Nice de 1957 à 1963), Marcel Aubour (1966-1969), André Rey (1980-1982), Dominique Baratelli (1971-1978) et Lionel Letizi (1989-1996). Plus souvent, simples (très) bons gardiens de Ligue 1 : André Amitrano, Bruno Valencony, Jérôme Alonzo. On ignore si on nous mène en bateau, pour préserver le secret. Ou si, en effet, il s’agit d’un pur hasard. Qui se perpétue. Cette saison, Frédéric Antonetti est ainsi confronté à un problème de riches. Avec Damien Grégorini et, depuis peu, l’international des 19 ans Hugo Lloris, il a le choix. A part le Paris-Saint-Germain (Alonzo-Letizi, comme par hasard) et Marseille (avec Barthez et Carrasso), aucun autre club ne peut se permettre de jongler avec ses portiers sans craindre de le payer cher.
« Ici, on se sent comme investi d'une mission »
Alors l’OGC Nice,
fabrique à gardiens ? Baratelli botte en touche : « Moi, j’ai été formé au
Cavigal de Nice avant de jouer mon premier match en D1 en 1967 avec Ajaccio. Je
suis revenu ensuite à Nice où j’ai connu ma première sélection avec les Bleus. »
Idem pour Marcel Aubour, originaire de la Côte d’Azur mais formé à Lyon, et
André
Rey, formé en Alsace et arrivé en fin de carrière sur la promenade des Anglais :
« Il faut croire que les dirigeants niçois recrutent de bons gardiens », parade
Baratelli. Bons recruteurs, donc, mais également bons formateurs, avec, comme
fleuron, Georges Lamia ou Lionel Letizi. Grégorini et Lloris, les derniers-nés
de la couvée niçoise, marchent dans leurs pas. Leur entraîneur depuis cette
année, Bruno Valencony, se souvient, lui, de son arrivée chez les Aiglons : « Je
succédais à Lionel Letizi, un des grands espoirs du foot français. Et puis, il y
avait les autres grands gardiens du passé. Ici, on se sent comme investi d’une
mission : perpétuer la tradition. On donne alors toujours le maximum. » Comme le
fait aujourd’hui Damien Grégorini, relégué sur le banc pour offrir du temps de
jeu à Lloris en vue de la finale face à Nancy : « Il aurait pu gueuler, se
plaindre, témoigne Valencony. Ce n’était pas évident pour lui car il a fait une
bonne saison. Or, ces derniers temps, il n’a jamais été aussi bon à
l’entraînement. Sa déception, il l’a évacuée en bossant sur le terrain. »
En arrivant de Bastia, Valencony avait également découvert les entraînements spécifiques, d’abord avec Baratelli, ensuite avec Robin Huc et enfin avec Enrico Pionetti : « A part avec Enrico, avec lequel les séances étaient plus physiques, c’était d’abord sur la confiance que l’on travaillait. On parlait beaucoup. J’essaie aujourd’hui de panacher tout cela tout en apportant ma touche personnelle. J’ai envie que les trois gardiens dont je m’occupe arrivent à l’entraînement en se disant : “ On va se régaler ! ” L’idée, c’est de prendre du plaisir en bossant. » La concurrence, pas folle, a toujours eu un oeil sur le vivier niçois : « En plus, on les exporte ! Lamia et Aubour ont remporté tous les deux une Coupe de France avec Rennes, le premier en 1965, le second en 1971 », s’amuse Baratelli, vainqueur de deux Coupes de France avec Paris.
Tout comme Letizi, vainqueur du même trophée en 2004 avec le club de la capitale. Demeure un débat : lequel de ses gardiens est le meilleur de l’histoire du club ? Lloris, qui ne veut pas tuer le père, mise sur Baratelli : « C’est lui le plus grand. Il a joué dans des grands clubs et surtout en équipe de France. Des gars comme Letizi et Alonzo sont également de bons gardiens de L1, mais ils sont en dessous de Dominique.» Le même Dominique qui regrette que « Lionel n’ait pas franchi le dernier palier. Il avait de très grandes qualités ! »