Les nerfs ont lâché
Extrait L'Equipe, LatéraleNissart

Il y a d'abord trois cartons rouges sortis par M. Sars sous le nez des Girondins Pelades (62e) et Gemmail (88e) puis du Niçois Traoré dans le temps additionnel. On imagine qu'un tel enchaînement a provoqué quelques remous et bousculades sur la pelouse.
On conçoit aussi que le président des Girondins, Jean-Louis Triaud, ait quitté sa tribune et soit descendu au bord du terrain pour, comme il le dit, « être là pour éventuellement séparer des joueurs qui auraient pu s'accrocher après la fin de la rencontre ». On comprend plus difficilement le rapport qu'en fait Gernot Rohr, qui affirme que le président bordelais est venu l'apostropher sur son banc pour le rendre responsable des deux expulsions girondines en étant « allé pleurer » à la mi-temps dans le vestiaire de l'arbitre.
Entre les deux hommes, le différend ne date pas d'hier : « J'ai toujours fait mon travail dans ce club, commente Rohr, toujours bien accompli ma mission mais j'en ai été viré deux fois...Sans doute que les Bordelais ne supportent pas que je vienne prendre des points chez eux... On a vu le président Triaud, la casquette sur le crâne, se jeter sur nous à la fin du match... C'est du jamais vu. Michel Pavon également, était excessivement agressif »
La pique fait mal, mais Triaud a lui aussi envie de ferrailler. Il confirme le terme de « pleureuse », invite à analyser les « provocations » qu'instillerait Rohr à chaque fois que son équipe va affronter Bordeaux. Hier soir, pourtant, la provocation était bien visible sur le dos de Romain Pitau, excellent pendant une demi-heure avant qu'art coup de pied dans le dos d'Eduardo Costa ne le mette sur le flanc et provoque sa sortie, dénoncée dans le vestiaire de l'arbitre au repos. Encore un match qui dégénère par la faute de l'arbitre ? Peut-être, mais ni M. Sars, ni ses assesseurs n'ont vu le geste (en retard sur l'action) du milieu brésilien de Bordeaux. Car nul doute que, dans ce cas, Costa aurait vu rouge ou au moins, jaune. Cette grossière faute non sanctionnée n'a pourtant pas immédiatement « pourri » la rencontre que les Niçois avaient bien entamée, étouffant les Bordelais par un pressing haut et marquant très vite par Lilian Laslandes. On sentait les Girondins mal partis, mais ils surent puiser dans leurs ressources mentales pour se refaire un moral et repartir de l'avant après avoir, il est vrai, égalisé sur un coup de pied arrêté. Deux coups de tête de Chamakh allaient être renvoyées par les montants des buts de Grégorini.
A onze contre onze, ils
auraient pu l'emporter mais la rapide expulsion de Celades et la très vive
tension qui ne baissa plus ensuite, placèrent au second rang les intentions de
jeu. « Nous n'avons pas eu un comportement digne de professionnels qui doivent
donner l'exemple », s'accuse le Niçois Olivier Echouafni. Et, ses deux garçons
sur ses genoux, le Bordelais Marco Caneira explique qu'ils n'ont pas compris ce
qui s'est passé à la fin. David Jemmali, son coéquipier buteur et expulsé ne
sait plus quoi penser :
« Je suis content quand même d'avoir marqué, mais triste d'être suspendu pour le
match à Marseille (comme Celades et Planus) et d'avoir encore perdu des points à
domicile. »
L'ancien bordelais Lilian
Laslandes résumait le match de manière différente « On a avancé, on a fait
un pas de plus vers le haut. Maintenant, il va falloir accueillir Lyon avec de
l'envie pour continuer à grimper. On va pouvoir décompresser et viser peut-être,
pourquoi pas plus haut. » Mais Romain Pitau, la victime de hier soir,
temporisait « Un point, ça fait pas beaucoup avancer le schmilblic pour l'Europe
mais bon ! »