les clubs misent sur l'exploitation des stades pour se développer
Extrait Le Figaro

Mi-décembre, la
Commission européenne avait laissé deux mois à la France pour modifier sa
législation et permettre aux clubs d'être introduits en Bourse. Même s'il n'a
jamais été un chaud partisan de cette cotation, le ministre des Sports,
Jean-François Lamour, a entendu le message. Et, ce matin, il réunit une table
ronde à ce sujet. «Il expliquera comment permettre l'appel public à l'épargne en
protégeant l'épargnant», explique-t-on dans son entourage.
Mais plus que l'introduction en Bourse, c'est bien l'exploitation de nouveaux
stades qui semble la meilleure solution pour les clubs à la recherche de moyens
financiers supplémentaires. A Nice où une enceinte flambant neuve de 32 800
personnes remplacera fin 2007 le vieux stade du Ray, le président de l'OGCN a
déjà fait ses comptes. «Avec cet outil, on compte atteindre une moyenne de 18
000 spectateurs, contre 12 000 aujourd'hui, et accueillir beaucoup plus de VIP,
affirme Maurice Cohen. Cela nous permettra d'augmenter nos recettes de 10
millions d'euros.»
Evidemment, ces perspectives enchantées font naître des idées. Et, depuis six
mois, c'est à qui annoncera la construction de son stade. Courant 2009, Le Mans
disposera d'une enceinte d'une capacité de 25 000 à 30 000 places à la place du
stade Léon-Bollée, qui en comptait 17 000. A Lyon, la décision n'est pas encore
complètement prise. Mais le président de l'OL, Jean-Michel Aulas, rêve de
construire en 2010 un stade de 55 000 places. A Marseille, le maire, Jean-Claude
Gaudin, réfléchit à un agrandissement et à la couverture du Stade-Vélodrome. Il
n'y a guère qu'à Lille où le dossier de la construction d'un nouveau stade a
pris beaucoup de retard. «Mais nous espérons bien disposer d'un nouveau stade de
55 000 places en 2009», affirme Michel Seydoux, le président du Losc.
En activité toute l'année
Plus grands, plus confortables, ces nouveaux stades devraient attirer plus de
spectateurs. «Aujourd'hui, alors que nous avons seulement 6 500 places dans des
tribunes couvertes, nous arrivons à une moyenne de 13 000 spectateurs, explique
Fabrice Favetto, le directeur général du club du Mans. Demain, dans un stade où
toutes les tribunes seront couvertes, nous tablons sur une moyenne de 17 000 à
20 000 personnes.»
Surtout, ces stades sont conçus pour ne pas vivre que les jours de match, mais
avoir une activité tout au long de l'année. A Nice, un hôtel et une brasserie
jouxteront l'enceinte. Au Mans aussi, un hôtel sera installé dans les flancs du
stade. Un développement qui permettra peut-être aux clubs français de combler
leur retard sur leurs concurrents européens. «S'il y a des projets de stades un
peu partout dans l'Hexagone, c'est que nous sommes les derniers de la classe
européenne, estime Michel Seydoux. Pour la Coupe du monde en 98, à part la
construction du Stade de France, on a préféré rafistoler les stades existants.
On en paie les conséquences aujourd'hui.»
En effet, c’était sûrement le bon moment pour rencontrer les verts. Ces derniers
venaient de prendre une claque à Sochaux sur un score sans appel (4-0),
plusieurs de leurs joueurs étaient absents suite à leurs convocations à la CAN.