Metz: l'été est fini
Extrait Républicain Lorrain

Rejoint à l'ultime
seconde par un but de Cobos, le FC Metz ouvre l'automne sur un résultat nul qui
fait l'affaire de Nice, pourtant réduit à dix, mais certainement pas la sienne.
Retour dans le rang...
La soirée avait débuté sous la bruine, elle s'est terminée sur une douche
froide. Et sur un but de Cobos, inscrit à l'ultime seconde des quatre minutes
créditées au temps additionnel, alors que le FC Metz s'acheminait vers son
deuxième succès de la saison à Saint-Symphorien. Tum avait ouvert le score moins
d'un quart d'heure auparavant et converti dans les faits une supériorité
numérique consécutive à une agression de Varrault sur Gueye, juste avant l'heure
de jeu. A onze contre dix, les Grenats ont donc fini par flancher, ce qui écarte
toute comparaison avec le précédent rencontré ici même, le 11 septembre, lors de
la venue de Bordeaux. A l'époque, Metz n'avait pas trouvé la moindre ouverture
dans le dispositif girondin (0-0)...
Trois jours après la fessée administrée par l'AJ Auxerre (4-0), ce petit point
supplémentaire ne fait assurément pas le poids contre la promesse d'un quatrième
succès, et alors même que se profile un déplacement à Lille loin d'apparaître
confortable. Le coup est rude. Il présentera cependant l'avantage de renseigner
très prochainement sur les qualités morales d'un groupe habitué jusqu'ici aux
issues réjouissantes. "Depuis trente ans que je suis dans le football, j'ai
appris que ces choses-là aussi peuvent arriver>, relativisait dès hier soir Jean
Fernandez, d'abord soucieux de prémunir ses joueurs contre les effets pernicieux
d'un tel scénario. Sur le but du capitaine azuréen, parvenu à se défaire du
marquage simultané de Borbiconi et Signorino devant les cages de Wimbée,
l'entraîneur messin ne voit du reste qu'une explication: "Une erreur
d'inattention, un manque de concentration. Nous avons été naïfs.>
Au-delà du dénouement, franchement renversant, le constat oblige à souligner les
difficultés rencontrées tout au long d'une partie verrouillée par la hargne de
Niçois solidement cramponnés aux vertus maison, plutôt portées sur le domaine
physique. Or, justement, Metz a affiché des lacunes dans ce secteur, comme si le
voyage à l'Abbé-Deschamps, trois jours plus tôt, avait entamé son bel appétit de
jeu. "Oui, j'ai noté un manque de fraîcheur physique, confirme Jean Fernandez,
une moins grande disponibilité devant une équipe qui nous a laissé peu
d'espaces.> Durant quatre-vingts minutes, en effet, les Messins ont en effet
semblé buter sans réel espoir sur le ferme rideau azuréen et c'est bien un
sentiment de soulagement qui avait décrispé Saint-Symphorien quand le duo
Ribéry-Tum s'était mis en action: cinquième passe décisive pour l'ancien
locataire de National, quatrième but personnel pour le Camerounais. "Nous
pensions avoir fait le plus dur", répète tristement Jean Fernandez, qui n'omet
toutefois pas de rappeler qu'à Marseille, pour ce qui constitue le principal
fait d'armes lorrain depuis l'ouverture du championnat, son équipe avait elle
aussi marqué au cours du temps d'additionnel.
Mais l'été est bel et bien fini, et dans sa fuite s'annoncent d'autres défis
pour ce FC Metz affriolant sous le soleil, sensiblement moins à son aise à
présent que la grisaille automnale recouvre l'horizon. Sixièmes ce matin, les
Mosellans sont à l'évidence passés à côté d'une chouette opération comptable en
lâchant deux points de manière si brutale. La lente glissade était prévisible,
inscrite dans le fil d'une logique imperturbable en tête de classement. Il faut
maintenant savoir par quels moyens Metz parviendra à l'enrayer, dès samedi, à
Lille. Ce n'est pas moins intéressant.
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