Metz: fermer la parenthèse
Extrait
Républicain Lorrain

Étrillé à Auxerre, Metz retrouve sa physionomie dans l'espoir de reprendre le
chemin de son bon début de saison. Face à Nice, l'affaire n'est pas gagnée
d'avance.
Il ne suffit pas de dire qu'il vaut mieux perdre une fois quatre à zéro plutôt
que quatre fois un à zéro, selon l'emprunt du moment à l'inépuisable liste des
poncifs en vogue dans le football: encore faut-il le prouver. Battu, dimanche à
Auxerre, dans des proportions jusqu'alors insondées sous l'ère Fernandez, le FC
Metz doit donc démontrer qu'une aussi sévère dérouillée reste incompatible avec
un court revers dans la foulée. Bref, les Messins sont invités à gagner pour
mieux persuader leur auditoire qu'un premier échec depuis quatre mois ne marque
pas une rupture dans leur nouvel élan, leur nouvel allant. "Je ne pense pas que
l'on puisse parler de rupture, estime d'ailleurs Jean Fernandez. C'est l'ampleur
du score qui interpelle, mais nous subirons d'autres défaites, et celle-là a été
concédée par une équipe amoindrie.>
Menée à partir de ce soir sur l'île Saint-Symphorien, l'enquête devra vérifier
la thèse de l'accident. A priori, pour recevoir Nice, Metz retrouvera un visage
plus conforme à celui qu'il présente depuis le mois d'août. Mais il y a parfois
un pas entre une équipe au complet et une équipe en pleine possession de ses
moyens. La conjugaison des retours de Stéphane Borbiconi et de Jean-Philippe
Caillet permet, dans un premier temps, de revenir à une ligne défensive digne de
ce nom, composée d'hommes qualifiés et habitués à évoluer ensemble, ce qui
n'était pas le cas, sans jeu de mots, il y a trois jours à Auxerre. "Nous
retrouvons notre organisation, une défense un peu plus proche de ce qu'elle doit
être, et l'équipe-type de ces dernières semaines", note l'entraîneur messin,
dans l'attente prioritaire du retour de Mehdi Meniri. Reste à retrouver une
stabilité. A réussir, en somme, le retour en arrière.
Sur ce que le naufrage auxerrois a montré, pouvoir aligner des défenseurs en
défense, des milieux axiaux dans l'axe et des milieux excentrés sur les côtés
n'est pas un luxe. Revenir à une ligne de deux attaquants non plus. Y compris
face à Nice. Surtout face à Nice. Après s'être longtemps cherché, le héros des
deux derniers étés a fini par se trouver. Et, dimanche, un premier succès en
poche face à Sochaux, Gernot Rohr annonçait que le championnat pouvait enfin
commencer pour son équipe. Sans doute parce que l'équipe en question a
finalement été bâtie sur le tard; les Niçois ont l'habitude de profiter des
délais estivaux qu'offre le réglement: ils ont donc recruté jusqu'au 31 août,
minuit. Ainsi, ce soir, la France en général et Metz en particulier découvriront
un attaquant lituanien de vingt-neuf ans, Edgarus Jankauskas, notamment passé
par la Real Sociedad et le FC Porto, buteur régulier en sélection. Face à ce
colosse (1,92 m, 85 kg), il est recommandé de posséder du répondant: CQFD...
Sous le choc de son accroc dominical, Metz a éludé le débat de son taux réel de
performance à domicile. Pourtant, à la suite d'une victoire dans les arrêts de
jeu pour commencer, de deux nuls pour enchaîner, avec deux buts inscrits en
trois sorties, il ne paraît pas inutile, ce soir, de mettre les actes en phase
avec les intentions, louables et souvent convaincantes, notamment pendant
quarante-cinq minutes face à Lyon (1-1). Un succès, juste avant de partir à
Lille dès samedi, servirait donc de référence tout en refermant la parenthèse
auxerroise.
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