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Un bordeaux savoureux

 

Extrait L'Equipe

 

 

Chaban Delmas debout, aux anges, faisant un triomphe à ses Girondins, qui ont retrouvé leurs ailes face aux Aiglons, terrassés 5-1.

Bordeaux ne pouvait pas mieux commencer sa saison à domicile, devant un public loin d'être acquis d'avance. Les Niçois sont les premiers, cette saison, à tomber sur une équipe qui semble irrésistible quand elle atteint un tel degré de plénitude. On l'avait déjà vu comme ça la saison dernière, en quelques rares mais significatives occasions : à Bruges, en Coupe de l'UEFA, ou face au Paris SG (3-0). Mais la génération formée au centre du Haillan a confirmé, en 90 minutes pleines, qu'elle pourrait compter, cette saison, parmi les trouble-fête d'un championnat qui ne se réduira peut-être pas à la lutte annoncée entre la « bande des quatre ».

Comme une confirmation de sa première convocation en équipe de France, Rio Mavuba s'est comporté en patron, du haut de ses vingt ans, seul en récupération dans l'axe girondin. Le risque pris par Michel Pavon de se présenter avec un seul milieu défensif n'en était pas vraiment un puisque le nouvel international a encore justifié son surnom de « l'homme aux trois poumons ». Autour de lui, ses partenaires se sont évertués à jouer juste, alternant les passes courtes à ras de terre et les longues transversales vers leurs deux pivots, Lilian Laslandes et Marouane Chamakh.

Laslandes clôt le festival

Ce dernier, même âge et compagnon de chambrée de Mavuba, a été l'autre grand bonhomme de la rencontre en inscrivant trois buts, le premier triplé de sa toute jeune carrière. « Ces trois buts me rendent moins triste de ne pas être aux jeux Olympiques avec la sélection marocaine », a expliqué le goleador de cette folle soirée où tout, hormis une terrible bévue du capitaine Ulrich Ramé, donnant leur but aux Niçois par une sortie complètement ratée, a été séduisant.

De match, il n'y en a pas eu longtemps.

Bordeaux a ouvert le score à la 14e minute, Grégorini, sous la menace de Jemmali, déviant dans son but un corner de Riera. Mais déjà, auparavant, Dié avait repoussé sur sa ligne une déviation malencontreuse de Bigné, sur un autre corner tiré par l'Espagnol.

Le 2-0 arriva vite (24e), sur un coup-franc tiré par Francia de la gauche, offrant son premier but à Chamakh, d'une tête sous la transversale: « L'an dernier, j'aisouvent tiré sur les poteaux. Là encore, mais le ballon est rentré. C'est le signe que la réussite va peut-être basculer » .

À cet instant, c'est le match qui a basculé, avec plus d'une heure de récital marine et blanc. Quelques actions, comme cet enchaînement Francia - Chamakh (talonnade) - Meriem, ou celle amenant le troisième but (le deuxième de Chamakh), avec une roulette de Riera pour Laslandes qui lance Chamakh en profondeur, soulèvent des « oh » d'admiration. Sur son banc, Pavon savoure et assure qu'il a « pris du plaisir en tant que spectateur ». Mais à 4-1, il manque encore quelque chose à la grande fête : le 50e but girondin de Laslandes.

II arrive par une charge du seul champion d'Europe de la Ligue 1, « Mike » Kapsis. Le défenseur grec va au bout de son action et prend la masse de Pamarot de plein fouet. Mais Laslandes récupère, trouve Bugnet qui lui remet dans la course et Grégorini est battu une cinquième fois, par son ancien partenaire. « Le plus dur, en football, c'est de jouer simple », dit souvent Michel Pavon. Hier soir, ses Girondins très gironds ont fait le plus dur.