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Lyon brise la malédiction

 

Extrait L'Equipe

 

 

Il fallait qu'une série s'arrête, que Lyon cesse de ne pas gagner son premier match de la saison en Ligue 1, ou que Lyon cesse de s'imposer 1-0 à Nice, ce qui est le cas depuis que les Aiglons ont retrouvé l'élite. Finalement, les Lyonnais ont gagné 1-0 au stade du Ray, et on doute que ce succès inhabituel les embarrasse longtemps, à l'heure du renouvellement d'effectif le plus profond et le plus spectaculaire de leur jeune histoire de champions de France.

Les Lyonnais n'ont pas été irrésistibles d'un bout à l'autre, loin de là, ils ont même été sérieusement bousculés en seconde période, mais il y a dans leur jeu les promesses d'une vitesse qui pourra faire mal, sans doute, escortée d'un peu plus de justesse technique au bon moment.

Ce fut surtout le cas dans le cours d'une première période du Championnat de France 2003-2004 qui n'aura pas été enthousiasmante. Elle ne fut pas totalement sans intérêt, mais elle fut sans beaucoup d'occasions, malgré la volonté de Lyon d'aller le plus vite possible vers le but niçois. Nice, toujours solidaire, toujours organisé autour d'une base quasi grecque de marquage individuel, n'a pas attaqué dix fois dans cette première période, mais cela ne l'empêcha pas de se créer l'occasion la plus nette, par une tête de Linz bien captée sur sa gauche par Coupet (27e). Abidal avait été battu sur le centre de Bigné.

Les triples champions de France, avec leur banc de gamins, s'appuyèrent beaucoup sur Elber. L'attaquant brésilien, soustrait à l'isolement qui avait sans doute contribué à son blues la saison dernière, fut toujours intéressant par son travail dos au but et la justesse de ses remises. Mais dans l'ensemble, les Lyonnais manquèrent longtemps d'adresse ou de lucidité dans l'avant-dernier geste, comme Malouda, poussant trop un ballon brûlant (18) avant d'hésiter entre le tir et le centre et de ne rien faire de probant sur une balle déviation d'Elber (34e).

On pressentait le poids des attaquants lyonnais et de leurs permutations, on constatait leur vitesse, mais ils paraissaient parfois porter un peu trop le ballon. Lorsqu'ils le lâchaient, cela donnait cette magnifique action à trois avec Govou puis une louche de Frau vers Elber contré devant Gregorini (25e). Elber, encore lui, faillit devancer Gregorini sur un centre de Juninho (34e), et Lyon avait donc un peu plus poussé que son rival.

Les débuts de Benarfa

Mais la seconde période fut beaucoup moins contrastée. Et si Cobos dut reprendre Elber sur un bon centre de Malouda (50e), Nice devint progressivement plus actif et plus dominateur, faisant reculer les Lyonnais par leur pressing, et les empêchant de conserver le ballon. Et comme Lyon n'avait pas un impact suffisant à la récupération, Nice put pousser à son tour, tandis qu'un bon ballon de Frau pour Elber (63e) était une exception dans le cours de cette seconde période peu affriolante.

Alors que les centres de Bigné étaient toujours aussi dangereux, offrant une tête un poil aérienne à Linz (64e), ce fut le pied droit tourmenta le plus les Lyonnais. Sur deux coup-francs d'affilée tirés par l'ancien nantais, Coupet fut heureux de compter sur la base de son poteau puis de sauver sur sa ligne dans une confusion extrême (65e et 66e), et lorsqu' Echouafni échoua d'un rien sur un centre de Bigné (74e), les Lyonnais pensèrent surtout, sans doute, à l'urgence de sauver les meubles.

Hatem Benarfa, dix-sept ans, venait de faire ses débuts en Ligue 1, lancé au relais de Frau (69e), et si ce n'était pas un cadeau, c'était un signe de confiance. Il  fit de belles choses, mais les Niçois ne méritaient pas, à ce moment-là de la partie, que le match bascule en faveur des champions de France. C'est pourtant ce qui arriva sur une action presque anodine, un long ballon de Malouda vers Govou, que Cobos dévia malencontreusement vers Elber, auteur du premier but de la saison de Ligue 1 (77e). Avec Balmont et un milieu passé à quatre récupérateurs, le coaching de Le Guen protégea ce succès, et le talent de Coupet le sauvegarda dans un temps additionnel absolument brûlant, sur une avalanche de corners et de centres, et une frappe de Pitau que le gardien lyonnais sortit de sa lucarne.

L'évidence est que Nice méritait mieux que cette défaite au soir de la fête de son centenaire. Mais Lyon s'est imposé 1-0 au stade du Ray pour la quatrième fois d'affilée. Les trois premières fois, il avait décroché le titre de champion de France à la fin de la saison.