Cherrad «rejeté» par l’ES Tunis
Extrait le soir d'Algérie

Le feuilleton Malek Cherrad qu’on pensait bouclé à jamais, dès lors que l’ex-joueur de l’OGC Nice eut consenti à partir, sous forme de prêt à l’ES Tunis, afin d’oublier ses tracasseries familiales, semble reprendre de plus belle.
Mohamed Bouchama - Alger
(Le Soir) - Depuis quelques semaines chez les Sang et Or de Slim Chiboub,
Cherrad qui avait, entre-temps repris du service avec les Verts, ne devrait pas
selon la presse tunisienne d’hier, continuer (entamer, c’est plus juste)
l’aventure au sein du meilleur club tunisien de ces dernières années, et l’un
des plus grands sur la scène continentale.
La raison invoquée serait l’indisponibilité prolongée du footballeur algérien,
provoquée par une «grave blessure contractée avec l’équipe nationale» relèvent
les quotidiens La presse et Le Quotidien, dans leur dernière édition. Selon des
sources proches du club tunisois, Cherrad peut être absent pour au moins les
deux prochains mois, d’où l’impossibilité pour Oscar Fullone, le coach argentin
de l’Espérance, d’utiliser l’attaquant international algérien durant cette
période qui coïncide avec l’entame de la 2e phase de la Champions league
africaine. Une épreuve à laquelle Slim Chiboub tient comme jamais, comme en
témoigne le recrutement de choix effectué les trois derniers mois. L’ES Tunis
devra en découdre durant cette avant-dernière étape avec les Algériens de l’USMA,
les Sénégalais de la Jeanne-d’Arc et des Sud-Africains de Sport United. Les
Tunisois qui viennent de transférer Radhi Jaïdi au club anglais de Bolton,
avaient délivré une licence africaine à Cherrad, prêté par l’OGC Nice, au bout
d’une fugue qui aura duré 35 jours à l’ES Tunis qui a consenti de lui payer
uniquement ses mensualités (16.000 euros) en plus de sa prise en charge, Cherrad
risque de retourner en Côte d’Azur, où il est sous contrat avec l’OGC Nice
jusqu’à 2007. Une éventualité qui se réalisera, notamment en raison du peu de
chances à ce que le transfert du Tahitien du FC Nantes, Marano Vahirua,
aboutisse. Les Nantais qui étaient d’accord pour conclure cette transaction en
contrepartie de cinq cent mille euros, tergiversent à libérer leur buteur
attitré surtout que l’arrivée de l’Argentin Farias n’est plus d’actualité et
que, d’un autre côté Molodovan et Ziani ont rejoint les Suisses de Servette de
Genève.
Une blessure, des interrogations
Mais qu’en est-il de cette blessure qui, selon les Tunisiens est tellement grave qu’elle empêche l’international algérien de répondre à l’appel lors des deux prochains mois ? A la veille du départ des Verts à destination d’Abuja, la FAF avait précisé que Cherrad ne sera pas du voyage en raison d’une blessure au poignet. Une information que même Rachid Cherradi, interrogé à Abuja, par l’envoyé spécial de la chaîne I, n’a pu totalement confirmer se contentant de renvoyer la balle à Waseige et à Raouraoua. Quelques jours plus tard, des nouvelles annoncent que le joueur a subi une opération chirurgicale à Paris. Ce «bilan» n’a jamais suscité des interrogations sur l’origine de cette mystérieuse blessure. Dans l’opacité ambiante d’une fédération aveugle et muette à la fois, les Tunisiens avancent pour leur part, que le joueur s’est gravement blessé alors qu’il était avec l’équipe d’Algérie. Quand ? En tout cas, pas lors du stage précédant le déplacement au Nigeria, au cours duquel Cherrad a brillé par son absence, peut-être, au retour de l’EN de Harare. C’est une éventualité confortée par l’examen radiologique effectué par le joueur (au même titre que son coéquipier, Ziani) dans une clinique privée située à Chéraga. Un examen qui n’a rien révélé de méchant, sinon pourquoi le coach belge des Verts, Robert Waseige, l’aurait- il convié pour le déplacement en terre nigériane. Reste maintenant, à défaut d’une information émanant de la FAF (Waseige est en Belgique, Saâdane est parti alors que Raouraoua est en Egypte pour assister au congrès de la CAF qui doit désigner le pays organisateur de la CAN 2008), la part de la rumeur publique.
Celle-ci révèle, entre
autres, que Cherrad a eu la désagréable surprise de croiser son frère et
ex-manager, Kamar Ezzamane, lors d’une virée effectuée fin juin, à Paris où
Malek avait quelques petites affaires à régler ; une rencontre qui s’est soldée
par une bagarre à l’issue de laquelle Cherrad Abdelmalek s’en est tiré avec une
fracture au poignet gauche. Un P-V de police aurait même été établi dans un
commissariat parisien. Une histoire qui tient parfaitement la route, du fait du
tempérament du joueur, et du mutisme complice des parties «influentes» au sein
de la FAF.