« Une attitude malhonnête
»
Extrait l'est républicain

MONTBÉLIARD. « Dans
l'affaire, c'est le joueur qui pâtit surtout de cette situation. C'est pour lui
que c'est le plus dommageable ». Jean-Claude Plessis a vivement réagi après la
conférence de presse du président niçois Maurice Cohen à propos du dossier de
Romain Pitau. Avant d'annoncer vendredi soir le transfert d'un autre milieu de
terrain du club azuréen (le Brésilien Everson) au Benfica de Lisbonne et la
venue de Victor Agali (Schalke 04) à l'OGC Nice, le président Cohen a livré sa
version de l'affaire Pitau, omettant selon son homologue franc-comtois quelques
épisodes, on le verra un peu plus tard, tout simplement essentiels.
« Gernot Rohr a dit non, c'est donc définitivement terminé. Cela semble
compliqué mais pourtant cette affaire est claire comme de l'eau de roche. Il y a
un mois Romain Pitau pouvait partir à Sochaux. En décembre dernier, il aurait pu
signer en Italie. On lui avait donné une lettre de sortie à ces moments-là. Mais
à neuf jours du début de saison, avec Abardonado et Everson sur le flanc, ce
n'est plus du tout pareil. Il y a un mois, nous étions en contact avec Méniri
pour qu'il remplace Pitau dans l'effectif et aussi avec Jérôme Leroy. Ces deux
joueurs se sont engagés ailleurs, donc Pitau ne part pas. Nous avons tout fait
pour aller dans la volonté du joueur (sic) mais le club ne doit pas en pâtir.
Dans les dernières négociations, nous avions même proposé à Pitau et à Sochaux
de reporter le transfert à la fin août pour qu'il puisse jouer avec nous les
trois premières rencontres. Aucune des deux parties n'a accepté ce deal, donc
pour nous l'affaire est terminée ».
Pas terminé...
Pour Jean-Claude Plessis, la version est sensiblement différente puisque pour
lui Maurice Cohen avait bel et bien donné son accord pour que Pitau vienne à
Sochaux. Il évoque d'ailleurs l'existence d'un fax envoyé le mardi 27 juillet au
siège du club doubien pour le confirmer.
« J'ai eu Maurice Cohen au téléphone en Tunisie lundi dernier. L'accord n'était
que verbal mais il a été accompagné le lendemain d'une télécopie. J'ai même
rappelé le président niçois le mardi car sur le fax qu'il m'avait fait parvenir,
il y avait une rallonge de 100.000 euros par rapport à la première proposition
(NDLR : 1,4 millions d'€). Je lui ai alors rappelé que Sochaux n'avait pas fait
de surenchère quand les deux clubs s'étaient retrouvés en concurrence en juin
pour faire signer Vahirua. Dans ce fax sont évoquées les échéances pour le
versement du transfert. Le conseil d'administration de l'OGC Nice a donné dans
la foulée son accord le mercredi malgré la position de Gernot Rohr ».
« Comme je devais rentrer de Toulouse, il était même prévu que je récupère Pitau
à Paris au milieu de la semaine dernière afin de l'amener à Sochaux pour
effectuer les visites médicales habituelles. Finalement j'ai appris que Maurice
Cohen changeait de décision par le biais d'un message sur mon répondeur. Je
trouve le processus lamentable et cette attitude malhonnête. Maintenant on ne
fera pas de procès, on n'ira pas devant la Ligue. C'est vraiment pour le joueur
que c'est le plus gênant ».
Un Romain Pitau qui est actuellement en stage en Forêt Noire avec le club
azuréen et qui se refuse à tout commentaire. Fera-t-il le forcing pour que son
club actuel respecte sa parole... et ses écrits ? C'est le moyen que vient
d'utiliser son (ex) coéquipier Everson. Avec succès. Il se murmure à présent que
d'autres clubs seraient intéressés par le milieu de terrain niçois. Ce qui ne
pourrait qu'inciter Sochaux à faire valoir ses droits...