Toujours ça de pris

 

Extrait dna.fr

 

 

Hier soir, le Racing a eu l'immense mérite de renverser une situation largement compromise avant la pause. D'abord atones, les hommes de Kombouaré se sont rebellés pour arracher le point du match nul, grâce à un doublé de Le Pen.

On les croyait définitivement enterrés. Sous les sifflets d'un public frondeur, les Bleus regagnent les vestiaires la tête basse, avec deux buts dans la musette. Nice, comme Auxerre et Sochaux quelques semaines auparavant, vient de se régaler.

Les Aiglons, pourtant amoindris par une cascade de blessures, ont profité de l'incroyable apathie de onze petits hommes bleus, noyés dans un océan de perplexité. Engoncés dans leurs rares certitudes, les hommes d'Antoine Kombouaré ont foncé durant quarante-cinq minutes tout droit dans un mur. Et le mur azuréen, c'est du béton armé.

Fébrilité

Presque surpris de tomber sur une opposition aussi peu consistante, les Niçois prennent tranquillement le jeu à leur compte. Ce sont eux qui se créent, sans avoir l'air d'y toucher, les premières occasions. Les Strasbourgeois montrent, dans les dix premières minutes, des signes de fébrilité inquiétants. De mauvaises relances en hésitations coupables, Drobny et les siens laissent resurgir les vieux démons.
En quatre petites minutes, un contre et un coup franc, Strasbourg est au fond du gouffre. Devant, Niang et Chapuis ont beau ruer dans les brancards, rien n'y fait. Grégorini passe une soirée tranquille et laisse Cobos et ses vieux briscards étouffer tout début de révolte.

Talentueux Alex


Les affaires alsaciennes ne semblent d'ailleurs pas s'arranger à la reprise. Certes plus tranchantes, grâce notamment à un Alex Farnerud qui respire à plein poumon le talent, les attaques bleues sont toujours aussi désordonnées et infructueuses.
Mais à force de subir, les Niçois vont finir par céder, aidés il est vrai par une décision arbitrale qui va faire jaser sur la Promenade des Anglais. Niang est à terre, seul comme un grand, et M. Piccirillo désigne tout de go le point de penalty. Le Pen fait fi des atermoiements niçois et s'en va réduire le score.

« On a reculé »

« Strasbourg n'avait pas besoin de ce penalty litigieux pour se relancer, concède Gernot Rohr. Mais il faut dire qu'on les a bien aidés à force de reculer. » Encore abasourdis par ce coup du sort, les Aiglons se perdent alors en vaines conjectures et en oublient l'essentiel : à savoir le ballon.
Alex Farnerud, venu prêter main forte sur le flanc gauche, sait lui l'exploiter à bon escient. Le Suédois au crâne rasé trouve un Le Pen euphorique dans l'axe. Une reprise musclée de son gaucher permet au Racing d'égaliser à peine deux minutes après l'épisode du penalty.

« Ce mal me ronge »

C'en est trop pour des Niçois déboussolés. Gernot Rohr l'a bien senti, lui qui resserre les boulons et joue alors la carte sécuritaire. Dans l'euphorie de l'égalisation, le Racing tente bien d'arracher la victoire. Mais les Azuréens retrouvent leurs esprits et colmatent les dernières brèches.
Inespéré, ce point pris à l'arraché ne suffit toutefois pas à satisfaire Antoine Kombouaré, qui voit Guingamp, premier relégable, émarger à huit points. « On a la chance et la possibilité de revenir, mais ça ne sera pas le cas tout le temps, analyse l'entraîneur strasbourgeois. Je ne peux pas me contenter de ça. On est fébrile et ce mal me ronge. J'attends une réaction dimanche prochain à Marseille. »