Un match frustrant

 

Extrait de l'Equipe , Latérale Nissart

 

 

 

On peut appeler ça comme on veut. Un truc tombé du ciel. En accordant à Strasbourg un pénalty venu d'ailleurs, M. Piccirillo,décidément bien peu inspiré , comme la saison dernière,  a fait basculer un match jusque-là bien empaqueté par azuréens.

Il revenir à cette 60e minute, que Amadou Niang, bras collés corps et tête baissée façon taureau, déboula côté droit. En bout de course, le Sénégalais tacla pour tenter centrer. Et là, l'arbitre accorda un pénalty. Alors, au bénéfice du Niçois plus proche, on peut dire que la faute, enfin si l'on veut, fut de Scotto, coupable d'un contact quelques mètres auparavant. Ulrich Le Pen permettait alors au Racing de revenir à un but du Gym. Et, deux minutes plus le Breton égalisait d'une frappe somptueuse du gauche qui allait se loger dans la lunette opposée (63e).

Jusqu'à la fin de la rencontre, Gernot Rohr resta debout à hurler contre l'arbitre. En première période,c'étaient les Alsaciens qui avaient réclamé un penalty pour une faute de main. Chaque coup de sifflet fut donc prétexte à une réclamation, d'un camp ou de l'autre. Le pire, c'est qu'on ne peut même pas reprocher ces pleurnicheries aux joueurs.

Nice frustré

Mais l'entraîneur niçois confiait après la rencontre : « C'est dommage que le Racing ait eu besoin de ce penalty bien litigieux pour se relancer. Mais nous avons, de notre côté, perdu le fil et, ce qui n'est pas rien, deux joueurs, Cobos et Leonard, seront suspendus à Bordeaux.» En seconde période, Strasbourg a tout mis en attaque et on ne peut pas dire que c'est uniquement l'arbitre qui nous a fait perdre deux points.»

Un sentiment partagé par Marco Simone « Ce n'est pas le penalty qui a décidé du sort de la rencontre ; nous sommes entrés sur le terrain en deuxième période avec une autre mentalité. On a reculé, plus osé», mais aussi par Romain Pitau :  « le penalty ? C'est comme ça, ça fait partie du jeu»

Cobos, lui, n'était pas tendre à propos de l'arbitrage : « En tant que capitaine, lorsqu'on parle à l'arbitre, en contrôlant ses paroles, je ne comprends pas que l'on soit averti ! ».

Rohr temporisait à la fin du match : « En seconde période, Strasbourg a tout mis en attaque et on ne peut pas dire que c'est uniquement l'arbitre qui nous a fait perdre deux points.»

Nice a pourtant des raisons de se sentir frustré de son déplacement en Alsasce. Fidèles à leur solidité défensive, les Aiglons, avec une énorme différence de maturité en leur faveur, surent aussi prendre deux buts avec beaucoup de calme et de lucidité.

Mais que dire de la première période alsacienne et de cette incapacité chronique à démarrer de manière juste potable une rencontre ? Christian Bassila cherche, lui aussi : « Est-ce un problème physique ?Tactique ? Technique ?Après chaque match, on se pose et vous nous posez les mêmes questions. On a fait la même chose à Nantes (1-1) ou contre Sochaux (0-2). Mais est-ce qu'on va pouvoir revenir comme ça à chaque match ? »

Antoine Kombouaré n'a guère apprécié, lui non plus, la panne d'allumage de son équipe : « J'ai beaucoup de regrets, on a la chance de revenir, mais ce ne sera pas toujours le cas. Je ne suis pas satisfait de notre façon de démarrer le match.  On insiste sur une  manière de jouer, de garder le ballon au sol, mais il y a trop de déchets technique.  On s'est lâchés quand le score a été en notre défaveur. C'est clair que si on trouvait la parade, on ne débuterait pas ainsi, mais nous sommes toujours en danger sur des pertes de ballon. II y a une équipe qui se scinde. Les défenseurs ne veulent pas prendre de buts et les attaquants veulent aller de l'avant. Si on manquait de caractère, on ne reviendrait pas. On est fébriles. »

Avec ou sans coup de main arbitral, Strasbourg sait donc réagir. Mais pas agir.

Et les Alsaciens savent qu'à terme, ça ne peut pas durer.

Au final, les deux entraîneurs avaient un sentiment de frustration. Coté strasbourgeois, malgré cette remontée au score, A. Kombouaré  affirmait :  « A Strasbourg, on joue avec le frein à main » alors que Gernot Rohr résumait cette partie :  « On a le sentiment d'avoir perdu deux points et que ce n'est pas tout à fait notre faute.»