La déception
Extrait l'Equipe, Latérale Nissart

Il etait 22 h 15. Malgré la satisfaction de la victoire, Gérard Gili expédia les considérations du terrain et, constatant que le maintien était quasiment assuré, décréta que « l'heure d'un petit bilan » avait sonné. « La saison a été très compliquée (le SCB est au centre d'une importante affaire judiciaire). Je suis là depuis deux ans. Le Sporcing est un club que j'adore, Bastia est une ville que j'adore, la Corse est une région que j'adore, énuméra-t-il. Mais le président est un gentil, un brave, comme on dit dans le sud, et le club a besoin d'un autre homme que François Nicolas pour progresser. C'est indispensable d'avoir un président avec une stature plus affirmée pour grandir. Il faut passer par là. Les joueurs mouillent le maillot, le staff aussi. C'est la deuxième saison qu'on maintient le club malgré les difficultés. Qu'on respecte ce travail. »
Hier matin, Gérard Gili avait lu dans L'Equipe cette déclaration de François Nicolaï: « Aujourd'hui, la priorité est de trouver une entraîneur ». Alors puisque son sort est pratiquement scellé, sans doute voulait-il quitter Furiani, hier soir, avec le coeur moins lourd... Mais quelques minutes plus tard, le président bastiais réagissait à chaud : « J'ai été totalement surpris par cette déclaration, peut-être Gérard Gili n'a-t-il pas supporté la pression de la rencontre. Lundi ou mardi, on aura une discussion et c'est lui qui va nous dire s'il va rester jusqu'à la fin de la saison ou non. Ce qu'on attend de lui, c'est qu'il fasse le travail pour lequel il est payé. Je n'en dirai pas plus pour le moment. »
L'ambiance s'était déjà dégradée avant le coup d'envoi. Le car des supporters niçois avait été accueilli à coups de pierres par des hooligans bastiais et trois d'entre eux avaient été interpellés(voir par ailleurs). Un peu plus tard, dans le stade, c'était au tour des Niçois de se distinguer : un siège, puis deux, puis trois s'élevèrent dans le ciel de Furiani. Tout en bas, des spectateurs se protégèrent avec leurs mains en se mettant à courir. Brève panique.
Pour reparler de football, Bastia s'est vite retrouvé offensivement face à une équipe niçoise réputée pour l'imperméabilité de sa défense. Le Sporting n'avait pas marqué un seul but lors de ses trois dernières rencontres, et pourtant, il ne lui fallut qu'une grosse demi heure pour en inscrire deux. Le premier d'une frappe très pure d'Alou Diarra qui heurta la partie supérieure du poteau gauche de Damien Gregorini avant d'agiter les filets (28e). Le second sur une action triangulaire : Frédéric Née lançait Bartholomew Ogbeche sur la gauche ; son centre parvenait dans les pieds de Florian Maurice, qui faisait mouche (37e). Mais il ne faut jamais laisser traîner Meslin près de sa surface : trois minutes plus tard, l'avant centre du Gym réduisait le score.
En deuxième mi-temps, l'occasion la plus nette fut à mettre au compte de Nice avec une tête d'Olivier Echouafni heurtant le poteau (71e). Le Gym n'avait encore jamais perdu deux fois d'affilée en Championnat depuis son retour en Ligue 1, à l'été 2002.
Gernot Rohr, à la fin de la rencontre, rappelait les véritables objectifs du gym en résumant ce match : « Il y a eu un poteau, des coups francs et il nous a manqué ce brin de réussite qu'il faut dans ces cas-là pour égaliser. L'Europe, ça n'a toujours été qu'un rêve pour nous, on l'a bien précisé. »
Philippe Léonard lui regrettait « les petites erreurs tactiques qui à ce niveau-là de la compétition se paient cash.»
Une odeur de brûlé se répandait aux abords de Furiani. La nuit s'annonçait agitée à Bastia...
En effet, la sortie des supporters niçois du stade fût très compliquée.
On pourra regretter que des incidents, comme celui survenu la veille à un supporter stéphanois, ne servent à rien...