Le retour de l'aiglon
Extrait Dna.fr

Il est le symbole de la résurrection
de l'OGC Nice. A près de 36 ans, José Cobos en est également le capitaine.
Samedi, il sera de retour sur la pelouse qui l'a vu grandir.
Sa longue chevelure brune est toujours là. Son allure, sa hargne et sa présence
aussi. Près de 16 ans ( !) après ses débuts au plus haut niveau - il a disputé
sa première rencontre en Ligue 1 le 30 juillet 1988 à Montpellier -, c'est avec
le brassard de capitaine des Niçois qu'il s'apprête à revenir à Strasbourg. «
C'était, c'est et ce sera toujours ma ville et mon club, commence à dire José
Cobos. S'il fera froid samedi, croyez bien que mon coeur, lui, va être au bord
de l'explosion tant il va être chaud. Jouer à la Meinau, c'est toujours quelque
chose de particulier. Quelque chose de très particulier même. »
Solidarité niçoise
Chouchou en Alsace, il est devenu, au fil des ans et des clubs fréquentés
(Paris, l'Espanyol Barcelone et Toulouse), symbole à Nice. « Ce qui nous est
arrivé l'été 2002 a ouvert les yeux de beaucoup de personnes », explique-t-il
pudiquement.
Interdit de montée en Ligue 1, menacé même de disparaître, le "Gym" n'avait dû
sa survie qu'à une poignée de bonshommes, Gernot Rohr, Bruno Valencony, Manuel
Nogueira et... José Cobos en tête. Laissant dans les caisses du club leurs 690
000 euros de primes de montée et plaidant la cause de l'OGCN devant les
instances.
« Cette histoire a rapproché le club de ses supporteurs, a rappelé aux hommes
politiques du coin et aux décideurs économiques que Nice ne pouvait pas se
passer de football, poursuit l'ex-Strasbourgeois. Notre comportement a été le
déclencheur d'une belle, d'une très belle aventure. »
« Ici, j'ai gagné le plus beau
des trophées »
Et cette aventure, ponctuée par une dixième place la saison passée - « Nous
méritions mieux », estime-t-il -, se prolonge avec une huitième place au
classement. « On étonne et on s'étonne parfois. Confirmer, c'est dur. Mais nous
sommes toujours là, avec 39 points au compteur », rigole José Cobos.
On lui parle de jeu dur, de système de jeu bloqué, il répond avec d'autres mots.
« La solidarité a été le point de départ de notre histoire. Elle le reste. Les
joueurs qui signent chez nous sont vite informés », reprend-il en terminant sa
phrase par une oeillade.
Et lui, à un peu plus d'un mois de souffler ses 36 bougies, joue une
prolongation de carrière. « Jamais, je n'aurais pensé vivre un tel scénario. Je
ne rêvais pas à ça. On prend du plaisir au milieu de gens qui en prennent. Cela
va des joueurs aux supporters en passant par Gernot Rohr et Maurice Cohen, notre
président. Je n'ai pas gagné de trophée avec Nice, mais j'ai gagné un truc plus
important : la reconnaissance des gens... »
Reconversion assurée
Et comme les jambes, les yeux, le coeur et le cerveau fonctionnent toujours
bien, José Cobos en a repris pour une année supplémentaire. « Et les dirigeants
m'ont ensuite proposé de m'occuper du centre de formation. C'est une vraie
fierté. Je vais pouvoir transmettre ce que j'ai appris et ce qu'Albert Gemmrich
m'a appris au Racing quand je débutais », poursuit José Cobos.
Le Racing, justement, il en reparle. Dit qu'il regarde « toujours ses résultats
en premier » les soirs de match, qu'il l'a même vu à la télévision l'autre jour
à Nantes. « Les Strasbourgeois ont mérité de rapporter un point. »
Samedi, il va falloir faire fi de tout ça. Oublier son passé, « mais je sais que
je vais encore avoir un pincement au coeur quand j'apercevrai le maillot bleu et
blanc du Racing. » A la Meinau, José Cobos fera « le métier, comme d'habitude. »
Il ira toutefois, avant le début de la rencontre, converser avec Antoine
Kombouaré qu'il a connu à Paris. « Avec David Ginola et Alain Roche, je lui ai
appris à jouer à la belote. Il m'a appris à devenir footballeur. Il est presque
devenu meilleur beloteur que footballeur, éclate-t-il de rire. Je plaisante,
bien sûr. Il n'empêche, on s'est fait de superbes parties. »
« Je suis un compétiteur »
Jusqu'à 20 heures samedi, José Cobos fera parler son coeur. Un coeur qui a
commencé à battre à Strasbourg. « Je suis Alsacien à vie. Et du Racing, je n'ai
retenu que les bons souvenirs. » Après, il s'autorisera une parenthèse longue de
près de deux heures. « Je redeviendrai un compétiteur », promet-il. Un
compétiteur qu'il a appris à devenir à Strasbourg. La boucle est bouclée.