Damien grégorini:

 

"Impossible de parler de rupture avec le public du Ray"

 

Extrait

 

 
Damien, on ne te dérange pas...

Non, pas du tout.

Nous avons hésité avant de t'appeler. Les joueurs préfèrent souvent se protéger des médias...

Oui, c'est souvent la meilleure solution. Après cela ne me dérange pas, non plus de répondre à vos questions. La vie continue d'avancer... et puis, les journalistes vous appellent souvent quand ça va mal. Donc, j'ai l'habitude (rire) !

Comment vis-tu la situation ?

Toujours de la même façon (rire) ! Comme je le dis souvent les critiques font partie de notre métier. Je peux les accepter, mais il y a des limites. La banderole et les sifflets, ça va... Chacun est en droit de s'exprimer comme il veut, tout en gardant un certain respect. Après, comment voulez-vous que je cautionne le jet d'une canette de bière ? Certains y arrivent, moi pas. Je n'ai pas trouvé normal que l'ensemble ne réagisse pas. C'est tout. Il est maintenant temps de passer à autre chose. C'est en focalisant que l'on donne souvent de l'importance à des actes isolés.

Toujours discret, le remue-ménage autour de toi (rencontre supporters, presse, commentaires...) ne doit vraiment pas te plaire...

C'est vrai... je préfère éviter de parler et de trop me montrer. C'est ma nature. Depuis le début de ma carrière, je reste simple. Je n'aime pas me forcer à être différent. Il m'est donc impossible de changer mon comportement. Ce n'est pas moi, alors je laisse passer...

Avec du recul, comment as-tu vécu la soirée face à Bordeaux ?

Chacun a son interprétation. Déjà qu'à froid, c'est délicat, alors à chaud, on peut souvent se tromper. Je ne peux rien changer. J'essaie de faire mon boulot le plus consciencieusement possible et en évitant de rentrer dans des polémiques genre « qui fait quoi ». Je me les réserve pour moi le lendemain des matches en visionnant la cassette avec du recul. Si vous regardez bien, les trois coups-francs de Francia sont mortels et vicieux pour un gardien. Ils replongent dans les pieds au mauvais
endroit... Bon ! J'arrête car je suis en train de rentrer dans une analyse que je ne voulais pas faire. Je suis un professionnel et je n'ai donc pas d'excuses à trouver.

Sportivement, les circonstances ne te sont pas favorables, non plus, car chaque hésitation se paie cash avec un but...

C'est l'éternelle loi des séries... Il y a des moments où vous êtes plus chanceux que d'autres. Comme je ne peux rien y faire et qu'il m'est impossible de maîtriser tout ça... j'évite d'en parler et d'en reparler en attendant que ça passe...

L'évolution tactique et les nouvelles velléités offensives de l'équipe ne vous obligent-elles pas d'abord, à digérer cette mutation défensive ?

Oui, peut-être. Bien défendre fait partie d'un tout. Nous travaillons dessus et nous devons tous ensemble être plus rigoureux à la perte du ballon. C'est un juste équilibre entre les lignes. Pour l'instant, nous prenons beaucoup de buts et nous l'assumons.

Après, il n'est jamais évident d'être reconnu parmi les siens...

C'est comme ça... C'est difficile à répondre à vos questions ! Dans ma tête, c'est simple. Je me donne à fond et je travaille pour progresser. Si ça paye tant mieux, après... je suis dépassé, je garde la tête haute et je reste digne en silence.

Psychologiquement, une question s'impose penses-tu qu'il y a une rupture avec le public du Ray ?

Non. Il me sera toujours impossible de parler de rupture avec le public du Ray. N'oubliez pas que je suis niçois. Et puis, il n'y a pas que des gens qui m'en veulent (rire) ! J'ai reçu énormément de messages de soutien qui m'ont fait du bien.

Est-ce que tu assumes une part de responsabilité ?

Oui, mais j'évite de trop penser à ce qui est derrière moi. Il y a tellement de matches importants à jouer que je regarde toujours devant, même si j'ai tout ça dans un coin de ma tête quand même...

Le fait d'avoir une famille proche doit t'aider...

Dans un certain sens, c'est réconfortant de savoir qu'on te soutient dans les mauvais comme dans les bons... Après, ce n'est vraiment pas facile pour eux. C'est dommage et je pèse mes mots. On serre les dents et l'on reste unis et soudés...

De quelle manière ressentent-ils tout ça ?

Ça fait mal ! On digère tous en silence. C'est notre marque de fabrique... Moi, le premier car je suis en première ligne. Mais, il faut aussi dédramatiser car pour rebondir, il est important d'être fort dans sa tête.

Les joueurs restent aussi très solidaires...

De ce côté-là, il n'y a aucun problème. On sent vraiment une solidarité. Pas de soucis, pas de malaise. Le groupe sait aussi pertinemment que des choses plus importantes arrivent. Je vous avoue que leur comportement me touche vraiment, même si j'ai insisté pour qu'il ne monte pas au créneau.

Retour au championnat. Le fait de se déplacer deux fois d'affilée n'est-il pas la meilleure soludon pour ramener le calme ?

Écoutez, le calendrier a été conçu de cette façon... Je n'y peux rien (rire) ! Avant de penser au Ray, il nous faut des résultats. Disons que c'est juste plus important que mon cas personnel !

En attendant, samedi, une rencontre importante vous attend à Furiani...

Un match difficile face à un adversaire avec le couteau sous la gorge. Ça promet... L'ambiance devrait être chaude, bouillante et leur situation va faire qu'ils joueront à fond. Ils ne peuvent faire autrement. A Bastia, c'est toujours un climat particulier, nous avons l'occasion de montrer que nous sommes costauds et conquérants dans un match à six points pour eux.

N'est-ce pas le match idéal pour toi ?

Dans le climat actuel, je préfère vous répondre à la fin du match ! Non, je plaisante, mais c'est vrai que c'est assez rigolo ce type de match.

Redoutes-tu le prochain match contre Lille au Ray ?

Oui, car il est impératif de prendre des points à domicile face au deuxième de ce championnat (rire) ! Je vous avais dit que je ne voulais plus aborder mon cas personnel...

Une petite dernière... Est-ce qu'à un moment donné, tu as envisagé un départ du club ?

Non, je vous promets qu'à aucun moment, cette idée m'a traversé l'esprit.

Contractuellement, les choses sont claires aussi...

Il me reste 3 ans de contrat. Comme ce n'est pas dans ma nature de vouloir partir au moindre problème...

Quelle analyse feras-tu en fin de saison ?

Une analyse logique de ma situation à la fin du championnat et non à la mi-janvier comme on me demande de le faire.

Finalement, de la même façon qu'un attaquant qui tarde à marquer, tout ce qui arrive n'est-il pas le lot quotidien pour un poste surexposé de gardien ?

Oui, tout le monde sait que c'est un poste exposé. J'en accepte donc les conséquences...

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