Les Aiglons peuvent rêver
extrait

Vainqueur de Metz mercredi en
huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue (1-0), Nice savoure. D’abord parce
que le club enchaîne sur un nouveau résultat positif. Ensuite parce que l’OGCN
n’avait plus été à pareille fête en coupe nationale depuis 1997, année d’une
victoire en Coupe de France…
Sept ans que l’OGC Nice n’avait plus mis les pieds en quarts de finale d’une
coupe nationale. Sept ans d’éliminations prématurées, de défaites parfois
cuisantes et de déceptions légitimes. Alors forcément, au lendemain d’un court
mais précieux succès sur Metz en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue,
les Aiglons ne peuvent cacher leur satisfaction. « On est très heureux »,
souffle Noé Pamarot, le latéral droit du Gym. Les joueurs ont rempli leur
contrat, avec le sérieux et l’application que l’importance de la rencontre
imposait. En effet, aussi bien financièrement – Maurice Cohen ne s’en était pas
caché – que sportivement, le match revêtait un caractère tout particulier. « Ce
quart, c’est quelque chose que l’on veut s’offrir, que l’on veut offrir à notre
public », avouait avant la rencontre le capitaine José Cobos. L’heure des
cadeaux n’ayant pas encore tout à fait sonnée, disons que le père noël niçois se
sera permis une avant première de circonstance.
Sur leur pelouse du Ray, les Niçois, tout de noir vêtus mercredi soir,
avaient-il, à l’instar d’illustres confrères rugbymen, décidé de porter le deuil
de leurs adversaires ? Par sûr. Car la « mise à mort » fut longue à venir. « On
est bien rentré dans le match et on a fait une bonne première mi-temps »,
insiste pourtant Noé Pamarot. Face à une formation messine rajeunie, Nice ne
s’est pas affolé. Le souvenir de deux dernières confrontations mitigées a sans
doute pesé dans la façon de procéder des Aiglons. « On avait pris la mauvaise
habitude de ne pas réussir contre cette équipe », confirme Noé Pamarot. Nice a
bien essayé de forcer le verrou en première mi-temps mais Bigné (but refusé) et
Everson (coup-franc sur le poteau) ont manqué de réussite. Sans compter que
Butelle, le portier lorrain, s’est fendu de quelques parades bien senties,
histoire de conforter les Niçois dans leur idée que l’adversaire messin ne leur
convenait décidément pas.
Mais c’était sans compter sur la nouvelle dimension prise par les Aiglons depuis
quelques semaines. Gernot Rohr ou José Cobos se plaisent à le rappeler : le Gym
a gagné en maturité. « On a patienté, explique ainsi Noé Pamarot. On aurait pu
ouvrir le score avant mais Metz est une bonne équipe. Alors on a attendu. »
Attendu par exemple que la défense lorraine faiblisse. Ou bien que la chance
tourne. Toujours est-il qu’à un quart d’heure de la fin du match, « Poussin »
Meslin a surgi pour, d’une tête rageuse, marquer l’unique but d’une victoire
méritée. Un tour de passe-passe pour Poussin. Un tour de passé pour le Gym.
Désormais quart de finalistes, les Aiglons se prennent à rêver de Stade de
France et de finale dionysienne. C’est bien normal. Et puis sans doute
auront-ils noté que la dernière présence du club à ce stade d’une compétition
avait accouché, en 1997, d’une victoire finale. Difficile en tout cas de ne pas
y penser…