Nice sur les traces de Lille
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HISTOIRE. Sur les
seize promus qui, depuis 1945, ont figuré en tête du classement de l'élite, trois ont remporté le titre (Bordeaux, Saint-Etienne, Monaco) et quatre autres sont restés en course jusqu'au sprint final. C'est au LOSC d'il y a deux ans que l'OGC Nice actuel fait le plus penser.
Un promu en tête de la D 1, c'est déjà un exploit. La preuve : depuis la reprise de 1945, ils ne sont
que seize clubs à l'avoir réussi, ne serait-ce que l'espace d'une journée. Sur ces seize, moins de la moitié ont été sérieusement en course pour le titre, que trois d'entre eux ont cependant remporté : Bordeaux,en 1950, Saint- Etienne, en 1964, et Monaco, en 1978. Les Girondins, descendus en D 2 en 1947, mirent deux saisons à remonter. Ils remportèrent le titre de D 1 avec la même ossature (Villenave, Garriga, Swiatek, Mérignac, Gallice, Mustapha, Kargu, Libar), renforcée par la redoutable aile gauche Doye-De Harder. Occupant longtemps une position d'attente, ils débouchèrent en tête à la faveur d'une victoire sur l'OM lors de la 26e journée, pour se détacher irrésistiblement à la faveur de sept autres victoires consécutives. Les Verts et Monaco étaient aussi des équipes de D 1 accidentellement descendues en D 2 et remontées immédiatement. Avec Pierre Bernard, Herbin, Richard lylinski, Ferrier, Guy, Meldoufi, d'une part ; Dalger, Onnis, Jean Petit, Moizan, Gardon, Ettori, de l'autre, les internationaux ne manquaient pas dans ces deux formations. Saint-Etienne fut leader dès la 11e journée et ne céda qu'une fois son fauteuil (à la différence de buts) à Monaco (28e journée). Quant au Monaco 1977-78, présent dès le début, il se battit d'abord avec Nice, puis avec l'OM et enfin avec Nantes pour arracher le titre lors de l'avant-dernière journée, lorsqu'il écrasa Metz à Louis-II (4-0, quadruplé de Delio Onnis) et que Nantes fut tenu en échec sur le terrain de Rouen, la lanterne rouge (0-0). Cette saison-là, un second promu, le Strasbourg de Gilbert Gress, vint se mêler à la lutte en fin de parcours, mais sans jamais occuper la première place du classement. Il devait se rattraper l'année suivante en gagnant l'épreuve après l'avoir menée pratiquement de bout en bout.L'IMBROGLIO DE 1951
Quatre autres équipes débarquant de D 2 ont réellement participé à la lutte pour le titre depuis la Libération. D'abord, Le Havre et Nîmes lors de l'extraordinaire Championnat 1950-51, le plus acharné de l'histoire. En bagarre avec Nice, Reims et Lille, les promus occupèrent la tête durant quatorze journées (de la 15e à la 32e). A l'orée de la dernière journée, les cinq clubs, regroupés en un seul point, étaient toujours en course, mais c'est Nice qui l'emporta au
goal-average, devant Lille, Le Havre terminant troisième et Nîmes cinquième !En 1962-63, Bordeaux était deuxième à quatre journées du but et accueillait le leader Monaco, mais il s'inclina (0-1, but de Taberner) le 1er mai et laissa filer son rival pour se classer finalement 4e.C'est le dernier en date des promus ayant joué le titre,autrement dit Lille, qui ressemble le plus à l'OGCN actuel. En 2001, le LOSC de Vahid Halilhodzics'empara de la première place lors de la 24e journée et la conserva jusqu'à la 29e. Mais le sort lui avait réservé un calendrier très difficile (Bordeaux, Auxerre, Lyon, PSG, Monaco pour les cinq derniers matches), et la seule défaite que les Dogues concédèrent lors de ce sprint (1-2 à domicile contre Lyon) leur coûta le titre. Une belle victoire à Monaco le dernier jour leur permit de se consoler avec un ticket pour la Ligue des champions. Le LOSC, pour remonter en 2000, avait cependant survolé le Championnat de D 2, ce qui ne fut pas le cas du Gym l'an dernier ; celui-ci, mal parti, devant attendre les matches retour pour revenir dans le quatuor des futurs promus aux dépens de Beauvais. Il n'avait pas non plus connu la douloureuse intersaison qui faillit être fatale aux Niçois. Notons que Nice a utilisé 22 joueurs depuis le début de la saison en cours, dont 11 n'avaient jamais joué à ce niveau. Le LOSC en utilisa 25 en 2000-01, dont 12 seulement connaissaient déjà la D 1. Le LOSC ne comptait que deux joueurs à plus de 100 matches parmi l'élite (Patrick Collot, utilisé comme joker, mais important leader en coulisse, et Christophe Pignol), alors que le Gym en a trois (Roy, Cobos et Bigné) et même quasiment quatre avec Diawara, qui affichait 98 matches au compteur au départ du Championnat.Reste donc aux Niçois à prolonger leur aventure aussi loin que les Nordistes y étaient parvenus. Ils ont déjà presque atteint le but de leur saison, le maintien, en se souvenant toutefois qu'en 1988 les Chamois niortais de Patrick Parizon, qui occupaient la deuxième place lors des 11e et 12e journées, avaient gravement faibli à la fin de l'automne, pour se retrouver in extremis en barrages lors de l'ultime journée et retomber dans la foulée au sein de cette Division 2 qu'ils n'ont pas quittée depuis !
JEAN-JACQUES VIERNE