Rod fanni:

"Si on veut quelque chose, il faut aller le chercher "

 

Extrait

 

 

Comment s'est déroulée ton intégration dans cette ville de Nice ?

Jusqu'à maintenant, tout s'est bien passé. Je connaissais déjà un peu la ville car j'y ai des amis, mais je ne pensais pas que c'était aussi grand. C'est une très belle ville où il y a beaucoup de choses à faire et énormément de variétés avec la plage et la montagne à proximité.

Tu as déjà eu le temps de découvrir quelques endroits sympas ?

J'ai déjà décelé quelques bons restaurants sur Nice et Cannes. Et j'ai également fait la découverte de quelques endroits incontournables comme le Vieux Nice, le Cours Saleya, la place Masséna ou la Piétonne. Bon après il est certain que je n'ai pas eu le temps de tout voir. Cela se fera progressivement.

Tu es casanier ou plutôt fêtard ?

C'est par période et par fatigue (rires). Il y a des moments où j'aime bien rester à la maison et d'autres où il faut que je décompresse. Tout dépend de mon état. Le début de saison a été éprouvant donc j'ai préféré me reposer. Chaque chose en son temps.

Quelles sont tes principales occupations en dehors des entraînements ?

Les promenades avec ma femme. Cela nous permet de découvrir la Côte. Sinon, je vais souvent aussi au cinéma ou je reste à la maison avec un bon dvd.

On t'a découvert du côté de Martigues tout jeune en équipe première, mais où as-tu fait tes classes ?

En fait, j'ai toujours évolué à Martigues. Mais je n'ai pas constamment joué dans les équipes premières chez les jeunes. J'ai vraiment commencé mon ascension en 17 ans Nationaux.

Parles nous de ton arrivée en première à 18 ans (National avec Martigues 1999-00) ?

Tout est arrivé très rapidement. Je me suis retrouvé en 17 ans Nationaux et j'ai effectué une grosse saison. L'année suivante j'étais dans le groupe de la première. C'est là que je me suis rendu compte que le foot est un sport où tout peut aller très vite.


Tu n'aurais pas une anecdote à raconter sur ton premier match en équipe première ?

Ben.., j'ai effectivement une anecdote. J'ai marqué un but dès mon premier match en National. Je jouais milieu droit. J'avais fait un rush sur le côté droit et à la suite d'un 1-2 j'arrive à marquer. Je croyais être hors jeu donc je me replace comme si de rien n'était. Et je vois tous les joueurs me sauter dessus. A ce moment-là j'ai vraiment réalisé. J'avais marqué le 2e but qui nous avait libérés car on subissait de plus en plus. Un bon souvenir. L'année suivante on a accédé à la ligue 2 et j'ai poursuivi mon ascension. J'ai eu beaucoup de chance. Mais il en faut en football en plus du travail.

Quels souvenirs gardes-tu de tes débuts professionnels ?

Je ne garde que des bons souvenirs. Sur tous les plans. Les seuls petits regrets que j'ai concernent mes
débuts dans les catégories de jeunes. Je pense que, moi et d'autres, n'avons pas toujours eu notre véritable chance pour jouer en équipe première. Quand on est plus jeune, on veut toujours évoluer dans les meilleures catégories et l'on pense parfois qu'il y a certaines injustices... quoique c'est un sentiment que l'on peut même avoir au haut niveau (rires). Mais c'est aussi ça le milieu du foot.

Rapidement considéré comme un espoir du football français, tu as mis le cap vers le nord en signant à Lens. Pourquoi ce choix ?

Après avoir effectué mes deux années en Ligue 2, j'avais quelques propositions de clubs plus huppés Marseille, Bordeaux et Monaco notamment. Mais c'est le RC Lens qui s'est fait le plus insistant et le plus concret au niveau du contrat. C'était une preuve de confiance. Je voulais de la stabilité et j'ai donc opté pour Lens. En plus le Racing sortait d'un très bon championnat et était qualifié pour la Champions League.

Tu as eu une ascension fulgurante car tu es passé du National à la Ligue 1, puis à la coupe d'Europe en seulement trois ans. Comment as-tu vécu ces changements ?

J'ai pris les choses comme elles venaient. Tout est arrivé si précipitamment que je n'ai pas réellement eu le temps de me poser certaines questions. Et puis j'étais en pleine confiance quand je suis arrivé au RC Lens. Je me sentais très bien et j'étais sans doute très proche de mon meilleur niveau. Cela diminue les risques de doutes.

Finalement, ton passage à Lens n'a pas forcément été une grande réussite car tu n'as pas eu énormément de temps de jeu ?

Il est certain que sur le plan du temps de jeu cela n'a pas été une grande satisfaction. Par contre, l'expérience à Lens a été très enrichissante car elle m'a permis d'apprendre énormément, de progresser et de me remettre en question. Jouer la Champions League, affronter des équipes comme Milan, Bayern ou Porto cela ne peut être que positif.

Quels souvenirs gardes-tu du RC Lens ?

C'est véritablement un grand club. Sans doute un des meilleurs de France. J'ai été impressionné par les infrastructures, les équipements et l'organisation. C'est du très haut niveau. On ne manque de rien. Tout est du luxe. De la place de parking aux conditions d'entraînement.

Lens possède également un public passionné ?

Il y a effectivement beaucoup de supporters. Un énorme engouement. Quand ça pousse... ça pousse. C'est vraiment fabuleux. Mais c'est un public plus modéré qu'à Nice. Les Niçois n'ont rien à leur envier car ils sont plus « chauds », plus passionnels.

Es-tu resté en relation avec certains joueurs ?

J'ai toujours quelques contacts avec certains joueurs et en particulier Charles Itandje qui est un ami intime.

Quels étaient tes rapports avec les dirigeants au moment de ton départ ?

On va dire que c'était des rapports de courtoisie, de travail. Mais tout n'a pas toujours été très clair...

Lors de ton ascension éclair, tu as été sélectionné en équipe de France Espoir sous l'ère Domenech. Qu'en as-tu gardé ?

Cela restera un grand souvenir. C'est Itandje qui m'a annoncé que j'étais présélectionné. J'étais content mais je ne pensais vraiment pas faire partie du groupe final. Et effectivement le groupe définitif part finalement préparer son match... sans moi. Un peu plus tard Jérémy Mathieu se blesse et je suis convoqué pour
le remplacer. J'appelle Itandje sur le trajet pour le prévenir que j'arrivais. C'était hallucinant. J'étais en chambre avec Sylvain Monsoreau. Et puis, il arrive quelque chose d'encore plus imprévisible car Domenech me titularise dés le premier match en milieu droit. Et je marque un but. C'était la cerise sur le gâteau. Fabuleux. Tout s'est passé très vite. C'est un peu à l'image de ma carrière.

Parle-nous du contexte particulier que représente l'équipe nationale ?

Pour dire la vérité je me sentais en plus dans ce groupe. Comme si j'avais été en trop. Par conséquent, j'ai abordé les événements de façon plus relâchée. Je ne m'attendais pas du tout à me retrouver là. Cela m'a permis d'atténuer la pression qui vous oppresse dans ces moments.

Quel est ton modèle de joueur ?

Au niveau défensif, c'est Lilian Thuram. Il représente le joueur exemplaire qui associe talent, abnégation et professionnalisme. C'est vraiment un bonhomme. Mais si je devais citer un joueur qui m'a enthousiasmé c'est Georges Weah. Il était très élégant et phénoménal. La grande classe.

En évoquant l'équipe de France, espères-tu un jour goûter aux A?

Je ne m'en préoccupe pas réellement. Je ne vois pas comment je pourrais l'être. Maintenant, il est certain que si le sélectionneur m'appelle, j'irai en courant. Mais je ne fais pas de projet au niveau sportif sur le futur. Mon évolution footballistique a toujours été en distorsion avec mes pensées. À chaque fois que je pense quelque chose, il se produit le contraire. Par exemple je n'ai jamais pensé que je pouvais devenir professionnel. Je pensais être électricien, et pourtant... Donc, je prends les choses comme elles viennent et je donne tout ce que j'ai.

Après Lens, tu as effectué une saison à Châteauroux. Cela n'a pas été difficile de passer de la Ligue 1 et la coupe UEFA à la Ligue 2 ?

Non, car c'est moi qui ai demandé à être prêté à Châteauroux. Je voulais me relancer. Je ne me sentais plus à mon aise à Lens. Certaines choses m'avaient dérangé. J'avais besoin de changer et d'avoir plus de temps de jeu. Et puis cela arrangeait tout le monde. Le seul paramètre difficile à gérer était que je n'avais pas le droit à l'erreur en Ligue 2. Un joueur en provenance d'un niveau supérieur est toujours supposé apporter un plus. C'était donc une pression supplémentaire de savoir que je devais être constamment à mon meilleur niveau. Il fallait que je sois très bon. De plus, il devenait difficile de rebondir si je ratais ma saison. Heureusement, tout s'est bien déroulé.

Ton passage à Châteauroux a donc été une expérience positive ?

Effectivement. Je suis très content d'avoir fait ce choix. Cette année en Ligue 2 m'a permis de regagner de la confiance. On avait eu tendance à me diminuer et les propositions qui ont suivi cette saison m'ont prouvé que je n'étais pas si nul que ça. En plus, Châteauroux est un club très familial et très chaleureux. C'était l'endroit idéal. J'y ai d'ailleurs trouvé énormément d'amis. Et puis malgré ce que l'on peut penser le club possède de très bonnes structures et n'a rien à envier à certains clubs de Ligue 1.

Ton parcours nous amène à ta signature à Nice. Pourquoi le Gym ?

Je pense qu'Antonetti savait vraiment ce que je valais. C'est important d'avoir la confiance de l'entraîneur car on sait qu'il vous jugera par rapport à votre véritable niveau. Je savais que le coach était quelqu'un d'honnête et que par conséquent je serais responsable de ma saison. C'est-à-dire que si je prouve à l'entraîneur que je mérite de jouer il me donnera du temps de jeu. Il n'y aura pas d'autres paramètres qui viendront influencer son jugement. De plus le projet de l'OGCN va tout à fait dans mon sens. C'est un projet ambitieux. On sent une envie de construire et d'aller de sans brûler les étapes.

Avais-tu envie de te rapprocher un peu du sud de la France ?

Ce n'est pas ce qui a déterminé mon choix mais il est évident que je suis très content de m'être rapproché de la région où j'ai mes racines. Je me sens très bien dans le Sud. Je
connais les mentalités et je savais que cela allait m'aider à m'intégrer et à travailler.

Comment te sens-tu au sein du club ?

Je me suis intégré très facilement. Tout le monde a été très disponible et attentionné que ce soit au sein du secteur sportif, médical, administratif,... Cela fait vraiment du bien. Et puis il y a une très bonne ambiance au sein du groupe, c'est très agréable.

Que penses-tu du potentiel du groupe rouge et noir ?

Personnellement, je pense qu'il y a un énorme potentiel dans ce groupe. C'est mon ressenti. Mais je ne sais pas si on en a réellement pris conscience. Il nous manque un peu de confiance. On n'a jamais été malmené depuis le début du championnat. C'est à nous de forcer la chance. Il est certain que l'on est loin d'être au top et je pense que ce que l'on a réalisé pour le moment n'est déjà pas trop mal. Cela prouve bien que notre marge de progression est importante.

Y a-t-il des joueurs avec lesquels tu as plus d'affinités ?

Je m'entends bien avec tous les joueurs. À mon arrivée, je me suis beaucoup rapproché d'Anther Yahia qui était nouveau également. Et au fil du temps, j'ai sympathisé avec tout le monde.

Tu as connu un début de saison difficile avec ta blessure. Ce n'est pas la meilleure façon de débuter une saison dans un nouveau club ?
J'ai effectivement connu un début de saison très très difficile. Je me suis blessé dès mon premier match face à Thoune au bout de 3 minutes de jeu. J'ai débuté remplaçant et tout juste rentré sur le terrain je devais déjà ressortir sur blessure. Terrible. S'il y avait eu une trappe je m'y serais engouffré tellement je me sentais mal et j'avais honte. Les supporters voulaient voir ce que je valais et j'ai joué 2 minutes. C'était vraiment un moment difficile sur le plan psychologique. La saison ne pouvait pas plus mal commencer. Le premier diagnostic était de deux à trois semaines d'arrêt. Mais trois semaines après ça n'allait toujours pas. On s'est ensuite rendu compte qu'il fallait rajouter quelques semaines. Et je n'arrivais toujours pas à récupérer convenablement. C'est frustrant de penser que l'on peut enfin reprendre et que l'on se rend compte que finalement ce n'est toujours pas bon. À côté de ça, je voyais le groupe se former et ma place s'éloigner. Je peux vous dire que ce sont des moments très délicats dans une carrière. Je me disais que cela allait vraiment être très compliqué de regagner une place. Mais bon je savais qu'il ne fallait pas que je lâche. C'était à moi de donner le maximum et puis arrivera ce qu'il arrivera. Ma femme m'a beaucoup soutenu à ce moment-là car elle sentait que je n'allais pas bien. On s'est dit que je ne pouvais que donner le meilleur de moi-même et attendre de voir ce qu'il se passerait...

Comment expliques-tu que tu te sois imposé aussi rapidement ?

En fait, je me suis dit que j'avais fait tellement de concessions dans les années passées notamment à Lens que je ne pouvais pas lâcher maintenant. Je ne voulais rien avoir à me reprocher et ne pas trahir les attentes. Je ne voulais pas en rester là. Si on veut quelque chose, il faut aller le chercher.

Maintenant, il va falloir que tu gardes ton niveau sur la durée...

Il est certain qu'enchaîner deux ou trois bons matchs ne doit pas être une finalité. Le plus difficile dans notre sport est d'être régulier. Il faut constamment se remettre en question et être capable de reproduire les bonnes performances à chaque rencontre.

Quels sont tes rapports avec le coach ?

Nos rapports sont très bons. On ne parle pas énormément mais il m'aide beaucoup. Il met tout en œuvre pour nous faire progresser. Il essaye constamment de tirer le meilleur de nous. Il en veut toujours plus. C'est ce qu'il nous faut pour avancer.

Comment le caractériserais-tu ?

C'est quelqu'un d'honnête qui dit ce qu'il pense. Il ne laisse rien au hasard. Je le définirais comme un perfectionniste passionné.

Et si tu devais caractériser votre début de saison ?

Décevant au niveau comptable mais encourageant pour la suite.

Tu as un pronostic à faire pour le résultat final ?

Je préfère ne rien dire car comme je l'évoquais auparavant il ne se produit jamais ce que je pense (rires). Donc je resterais évasif et je vais dire que l'on peut en surprendre plus d'un.

Pour finir, un petit mot sur le public niçois ?

L'accueil a été super. C'est vraiment un public passionné. Ils sont toujours présents et ils chantent du début à la fin. J'en profite pour les remercier car ils nous aident beaucoup par leur chaleur et leur soutien.


  

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