Le TFC joue à se brûler les ailes
extrait la dépêche du midi

Depuis six matches, le TFC a toujours
marqué un but. Pas mal pour un dernier de la classe (depuis quatre journées
désormais), nanti d'une attaque anémique, surtout que les buteurs en question
sont «nouveaux» (Braizat à Sochaux, Eduardo et Ndoye à deux reprises) à
l'exception de Dieuze.
Pas mal encore, quand il s'agit de saluer la première demi-heure téféciste,
samedi soir (avec le but d'Eduardo). On n'avait jamais vu l'équipe toulousaine
aussi entreprenante, aussi déterminée.
Mais pas bien à l'heure de faire les comptes, et donc de se lamenter sur les
deux points une nouvelle fois envolés (Echouafni n'avait plus marqué en Ligue 1
depuis un an, il a profité d'une des rares ouvertures niçoises de la deuxième
période, sinon la seule...).
C'est que le TFC aime gaspiller: quand il a ouvert le score, il n'a certes
jamais perdu (Strasbourg à la 1re journée, Montpellier à la 9e, Bordeaux à la
10e et Nice samedi). Mais il n'a gagné qu'une seule fois, en Gironde et dans le
contexte très particulier de l'affaire Baup.
Ce qui signifie que cette formation aime (trop) brûler son énergie et ses
réserves dans le même temps, ce que corrobore cette autre statistique, qui a vu
le TFC revenir quatre fois à égalité (PSG, Le Mans, Ajaccio et Nantes) mais au
prix d'une formidable débauche d'efforts... et en concédant deux défaites au
passage.
Clément première recrue du mercato...
Les Toulousains sont donc rarement payés. On ne leur reprochera jamais
l'intention, plutôt les moyens d'y parvenir. Samedi soir, Nice n'a rien cassé au
Stadium sauf les protège-tibias de Puig. Mais cette équipe a fait honneur à sa
réputation de coffre-fort (la meilleure défense de L1 sauf le 5-0 accidentel de
Lyon) et de groupe fort et soudé: quand on bouffe aussi souvent ensemble, ce
dont la télévision n'est pas avare de nous montrer les images, c'est que ce
groupe est exclusif. Cette impression, on l'a eu quand les esprits se sont
échauffés peu avant le repos, sur l'expulsion de Cherrad. C'est là puis au cours
de la deuxième période que l'on a vérifié l'écart de vécu existant entre les
très expérimentés Niçois et les très tendres Toulousains: à dix, l'OGCN a réussi
à rendre le ballon insaisissable jusque, pratiquement, dans les arrêts de jeu.
Et si Toulouse peut toujours regretter un manque de réussite sur trois coups de
pied arrêtés de Balmont (têtes de Dieuze et Puig, tir de Ndoye), il peut aussi
se mordre les doigts de n'avoir pas conservé les rênes d'une rencontre qu'il
menait 1-0, rappelons-le.
Mais il y a tout de même du positif dans la soirée: outre les confirmations d'Avezac
et Balmont, ce sont les révélations de l'ex-Castelroussin Clément, enfin
titulaire à gauche (il ne l'a été qu'une fois, à Bastia en Coupe de la Ligue),
et qui se trouve du coup être la première recrue toulousaine du mercato (!), et
Puig, très bon dans une défense centrale qui a hélas perdu Lièvre sur claquage.