Florent Balmont:

 

"Il nous reste quelques jokers,

mais il ne faut pas trop les griller"

 

Extrait

 

 

A travers certaines de tes déclarations, on te sent vraiment énervé par le jeu pratiqué depuis la reprise...

Je ne pense pas qu'énervé soit le mot, je dirai plutôt frustré. Lorsque l'on voit la première partie de saison que l'on a réalisée, on ne peut que l'être... On a fait aussi quelques bons matches depuis, mais on est passé à travers trop de fois. Et je ne parle pas d'individualités, mais bien de toute l'équipe. Moi, je suis un gagneur et je ne peux pas m'y faire. Je suis désolé, il y a de la qualité dans ce groupe, donc forcément je suis frustré lorsque je vois les matches que nous produisons en ce moment.

Pour toi, quelles sont les principales raisons de cette déliquescence ?

Je ne sais pas... C'est assez dur de répondre à ce type de questions parce que si l'on avait réellement les raisons, je ne pense pas que l'on en serait là. Mais je pense que la coupure à la trêve nous a fait du mal. On était sur une bonne dynamique. Même si on avait perdu la dernière rencontre à Auxerre, c'était un match fou (4-3 et une expulsion) et pas une défaite qui laisse des traces. Et dès la reprise, on a éprouvé des difficultés à retrouver de la fluidité dans notre jeu. C'est pour ça que je dis que par rapport à d'autres équipes, la trêve nous a fait du mal. En plus, on a perdu des pions essentiels comme Seb Roudet. Et puis il y a eu le débat sur le fait que l'on prenait trop de buts, même si on en marquait beaucoup. Tout ça cumulé nous a fait progressivement perdre notre football. Nous n'avons plus réussi à retrouver nos automatismes au milieu et devant.

Pourtant, on ne peut pas dire que le public vous ait réellement mis la pression en vous soutenant encore pendant 90 minutes contre Strasbourg...

C'est clair ! Le public est vraiment super, il n'y a rien à dire. Quand on voit à quel point ils nous ont poussés en deuxième mi-temps le week-end dernier... Et c'est aussi pour ça que je suis frustré, j'aimerais que l'on puisse leur rendre ce qu'ils nous apportent en produisant du jeu et en gagnant des matches, mais on n'y arrive pas. Pour autant
une chose est sûre, nous n'avons plus le droit de passer au travers comme ce fut le cas à Nîmes. Il y a une marge entre ne pas réussir à produire du jeu et cette rencontre de coupe de France...

Sur le terrain avez-vous le même sentiment d'impuissance que des tribunes, celui de pouvoir jouer des heures sans marquer ?

Je n'irai pas jusque-là, mais c'est vrai que l'on manque de confiance, de réalisme. En fait, on manque un peu de tout, mais dans tous les compartiments du jeu. Ce serait trop facile de « tirer » sur le secteur offensif, comme on tirait sur la défense quand on prenait beaucoup de buts. C'est un ensemble de choses et les onze joueurs sont directement concernés par les lacunes de l'équipe. Depuis que ça va moins bien, je me rends compte qu'au milieu, on veut souvent en faire plus. Mais c'est simplement parce que l'on se trouve moins bien dans le jeu, que les automatismes ne sont plus là. Chacun essaye donc d'apporter plus individuellement, et pourtant ce n'est pas la solution. Malgré tout, je pense qu'il manque peu de choses pour que cela reparte.

Le constat est peut-être sévère, mais finalement l'animation offensive ne tenait-elle pas uniquement par vos joueurs de couloir, Marama Vahirua et Sébastien Roudet ?

Je ne sais pas... (il réfléchit) mais c'est vrai que l'on avait trouvé quelque chose avec ce dispositif. Après, je pense aussi que nos adversaires ont analysé notre système de jeu et mis en place des parades pour le contrer. Mais c'est certain que la blessure de Seb Roudet nous a limité parce que l'on se trouvait bien. Avec lui et Marama, on avait des solutions des deux côtés. Maintenant, je ne pense pas que ce soit l'explication unique à tous nos maux. Ce serait trop facile de le voir comme ça. Il y a aussi et surtout un problème de confiance. Quand vous êtes dans une spirale négative, tout s'enchaîne mal. À nous d'inverser la tendance.

As-tu le sentiment que les remous en coulisses aient pu avoir une influence sur vos prestations ?

Non, je ne pense pas. Pour moi, c'est surtout le match de coupe de France qui a fait du mal dans les têtes. C'est à partir de là que l'on a senti la pression monter d'un cran. Les supporters nous ont fait savoir leur mécontentement, qui était légitime. On se demandait comment on allait être accueillis contre Strasbourg parce que l'on commençait à nous mettre en garde. Et c'est vrai que certains ont été rassurés en rentrant sur le terrain. D'ailleurs, j'en profite pour remercier les supporters parce que leur attitude a été exemplaire. C'est plus ça qui nous préoccupait que ce qui se passait en coulisses. Personnellement, tout ce qui est extérieur au terrain (dirigeants, déclarations, ...), je mets de côté !

Pour toi, les joueurs ont-ils leur mot à dire dans ces moments ?

On a dit à un moment donné que l'on soutenait le coach, mais ça s'arrête là. On ne va pas chaque semaine répéter les mêmes choses. Ce qui nous importe c'est de défendre les couleurs du club sur le terrain. Le reste ne nous regarde pas.

Penses-tu que les points qui vous séparent du maintien seront plus faciles à prendre par le jeu ou plutôt en renforçant le secteur défensif comme cela est fait depuis plusieurs semaines ?

Là, c'est un piège que vous me tendez... Je ne sais pas. Je crois surtout que c'est dans les têtes. Ce qui fera la différence maintenant, c'est l'agressivité ! On va s'en sortir comme ça. Contre Monaco, même si l'on marque deux buts bizarres, on a gagné la rencontre sur l'agressivité... Ce que l'on n'a pas vraiment réussi à faire d'entrée contre Strasbourg.

À l'intérieur du groupe, êtes-vous inquiet pour la place du Gym parmi l'élite ?

Il nous reste quelques jokers, mais il ne faut pas trop les griller. On est dans la position de l'équipe qui regarde vers le bas et c'est jamais bon. Contrairement à nous, les clubs qui sont déjà dans la charrette comme Istres n'ont plus rien à perdre. Forcément, faire un nul comme la semaine dernière à domicile nous amène à nous poser des questions, mais il ne faut pas trop s'en poser non plus parce que je peux affirmer à 100 % que l'on a l'effectif pour se maintenir. Il faut donc éviter de cogiter et il n'y aura pas de problème.

Dans ces conditions, la rencontre de samedi apparaît comme vraiment capitale...

C'est un tournant de la saison... surtout pour Istres qui abattra sa dernière carte. Mais il ne faut pas s'en cacher, pour nous aussi ce sera très important. Il reste peu de matches et une victoire pourrait nous assurer définitivement le maintien. Je sens tout le groupe vraiment motivé pour faire quelque chose. Toute la semaine à l'entraînement, il y avait de la tension dans l'air. Le fait de s'engueuler, c'est un signe qui ne trompe pas. Cela montre la motivation de chacun. Maintenant, les mots ne servent à rien, il faudra répondre présent sur le terrain.

Est-ce idéal de jouer une formation en lutte pour le maintien ?

Toutes les équipes ont des choses à jouer à leur niveau. Je crois surtout que c'est dans la tête que ça se passe. Avant Monaco, tout le monde disait que ce n'était pas le bon moment pour les jouer, finalement on a pris trois points, donc cela ne veut rien dire. Pour le match de samedi, il n'y aura plus de classement. Ce n'est pas le 20e qui accueillera le 13e, mais deux équipes qui se rencontrent avec un unique objectif : la victoire. Et je suis persuadé que l'agressivité fera la différence.

Istres n'a gagné que deux fois à domicile et marqué seulement quatre buts. Qu'est-ceque t'inspirent ces chiffres ?

Cela reste des stats, mais cela montre quand même qu'ils ont des difficultés à domicile. Et comme contre nous il leur faudra absolument gagner pour continuer à rêver de maintien, ils seront obligés de se découvrir et de prendre le jeu à leur compte. À nous d'en profiter...

Vous allez également retrouver le stade des Costières. Un petit mot ?

Je n'ai pas grand-chose à dire. Il faut oublier ce moment-là, cette soirée catastrophique. Même si cela reste impardonnable, il s'agissait d'un match de coupe. Là, on connaît le contexte et l'équipe adverse. C'est un moyen de revenir pour laver l'affront.

Au-delà de cette fin de saison, as-tu déjà pris une décision sur ton avenir la saison prochaine ?

Non, pas encore. Dans peu de temps il y aura des discussions à ce sujet, mais pour le moment l'essentiel est d'assurer le maintien. Les cas personnels passent après les objectifs du club. On aura tout le temps d'évoquer ce sujet après.

La crise vécue actuellement pourrait elle avoir une influence sur ton choix ?

Je ne pense pas, même si c'est vrai que c'est une saison usante. Mais je prends le côté positif, ça m'apprend beaucoup. Le contexte n'est pas le même qu'avec Toulouse la saison dernière parce que dès le début de saison nous jouions le maintien. Ici, les choses étaient un peu différentes car même si c'était l'objectif annoncé, entre nous, nous avions d'autres ambitions. C'est pour ça que je suis déçu. Maintenant, j'ai réellement envie de rester, donc si les dirigeants affichent leurs ambitions et se donnent les moyens de les réaliser, il n'y a pas de raison que je ne continue pas l'aventure. En tous les cas, pour le moment, je suis bien Niçois.

Lorsque l'on vit des moments comme actuellement garde-t-on une oreille attentive lorsque Raymond Domenech livre sa sélection ?

Oui, je ne vais pas le cacher. Il y a toujours des petites surprises dans les listes, donc je regarde (rires). On m'en avait parlé quand je n'y pensais pas, donc maintenant je tends l'oreille. Mercredi, j'étais avec Seb Roudet quand la liste pour les deux matches à venir a été divulguée et l'on a regardé. Mais honnêtement, je regarde plus comme ça, sans réelle arrière-pensée.
 

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